Syrie / Chine

Pékin prend ses distances avec Moscou dans le dossier syrien

Les présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping, au Kremlin, le 8 mai 2015.
Les présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping, au Kremlin, le 8 mai 2015. REUTERS/Sergei Karpukhin

La Chine a l'habitude de faire profil bas au Moyen-Orient, malgré ses besoins en pétrole, et Pékin a dit et redit son opposition à toute solution armée. Aujourd'hui, les Chinois prennent leurs distances avec Moscou, partenaire traditionnel au sein du Conseil de sécurité de l’ONU.

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Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

« La stratégie de la Guerre froide est inutile pour résoudre le conflit syrien », titre Le Quotidien du Peuple. Dans son éditorial, le journal porte-voix du Parti communiste accuse les Etats-Unis et la Russie de reproduire leur rivalité en Syrie.

« Les Etats-Unis et l’Union soviétique avaient l’habitude d’utiliser toutes sortes d’actions diplomatiques, économiques et militaires sur le sol des pays tiers pour accroître leur influence », écrit le journal en pointant du doigt cette attitude connue de l’époque de la Guerre froide. L’éditorialiste, nommé Zhong Sheng  - ce qui veut dire « la voix de la Chine » - poursuit sur un ton moralisateur : « Nous sommes aujourd’hui au XXIe siècle, et nous devons le comprendre ! »

Traditionnellement, Pékin se range du côté de Moscou au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, mais cet éditorial fait apparaître des fissures entre les deux partenaires. La Chine semble prendre ses distances avec la solution militaire choisie par la Russie. « Nous avons été témoins de trop d’innocents souffrant du conflit syrien, commente Le Quotidien du Peuple, [et] seulement une solution politique peut aider les Syriens. »

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