Territoires palestiniens / Israël

Israël ne rendra pas les corps d'auteurs d'attaques: quelles réactions?

La police vient de recouvrir le corps d'un Palestinien tué après qu'il eut poignardé deux Israéliens à Jérusalem, le 10 octobre 2015.
La police vient de recouvrir le corps d'un Palestinien tué après qu'il eut poignardé deux Israéliens à Jérusalem, le 10 octobre 2015. REUTERS/Ammar Awad

Le gouvernement israélien a annoncé qu'il ne rendra pas les corps des Palestiniens impliqués dans des attaques et ayant été tués sur place. Une mesure punitive qui avait déjà cours lors de la deuxième intifada entre 2000 et 2004. Les Palestiniens ont réagi à cette annonce. Certains ne se disent même plus surpris alors que les responsables politiques dénoncent la « déshumanisation » par Israël des Palestiniens.

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Avec notre correspondant à Ramallah, Nicolas Ropert

La raison avancée par les autorités israéliennes pour ne pas rendre le corps des Palestiniens responsables d'attaques, c'est d'éviter tout débordement lors des funérailles.

Un affront supplémentaire, estime Xavier Abu Eid, le porte-parole de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). « C'est une étape supplémentaire dans la déshumanisation des Palestiniens, c'est une insulte aux familles et une punition collective envers toute une communauté, estime-t-il. Tous les Palestiniens méritent justice. Ils ont été exécutés extrajudiciairement. C'est un problème que nous voulons soulever devant toute la communauté internationale. Si nous voulons calmer les choses, les droits des Palestiniens doivent être respectés. »

Une action symbolique

Cette mesure essentiellement symbolique risque en effet d'envenimer encore un peu plus la situation. Mais certains Palestiniens disent ne même plus être surpris de ces méthodes. « Qu'ils rendent ou pas le corps, ils sont au ciel, lâche Abu Ahmad, un commerçant de Ramallah. Donc peu importe. Ils seront enterrés un jour. Si ce n’est pas aujourd'hui, ce sera demain, dans un mois ou dans un an. Nous les enterrerons un jour. On n'est même plus choqués parce qu'ils font ça depuis près de 30 ans. »

L'annonce répond en tout cas à une opinion publique israélienne qui réclame des actions de ses dirigeants. Beaucoup d'Israéliens sont critiques quant à la gestion de la crise par le gouvernement de Benyamin Netanyahu.

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