Syrie / Turquie

El-Assad à Moscou: «L’idéal aurait été qu’il y reste», selon Ankara

Bachar el-Assad, président syrien, discute avec son homologue russe, Vladimir Poutine, lors d'une rencontre à Moscou le mardi 20 octobre.
Bachar el-Assad, président syrien, discute avec son homologue russe, Vladimir Poutine, lors d'une rencontre à Moscou le mardi 20 octobre. REUTERS/Alexei Druzhinin/RIA Novosti/Kremlin

La visite de Bachar el-Assad en Russie a fait réagir en Turquie, où le gouvernement a dénoncé l’appui militaire de Moscou à Damas. La position affichée de Recep Tayyip Erdogan, portée par la voix de son Premier ministre Ahmet Davutoglu, marque cependant une certaine évolution : le gouvernement turc considère toujours que le départ du président syrien est nécessaire, mais qu’il peut être différé de quelques mois.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

La position de la Turquie « n’a pas changé », a expliqué le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, au lendemain de la visite-surprise du président syrien Bachar el-Assad à Moscou, lors de laquelle il a rencontré son homologue russe, Vladimir Poutine. Pour le gouvernement turc, la seule solution pour la Syrie réside dans le départ de Bachar el-Assad.

L’occasion de la visite-surprise de celui-ci à Moscou – la première visite à l'étranger de Bachar el-Assad depuis le début de la guerre civile en 2011 – « aurait été un bon point de départ, s’il était resté en Russie », a même ajouté Ahmet Davutoglu. Le Premier ministre turc insiste également sur la nécessité de « travailler sur des formules organisant son départ »et affirme que« l’idéal aurait été qu’il y reste plus longtemps, voire qu’il ne rentre même pas pour que commence tout de suite une période de transition ».

En fait, Ankara a légèrement infléchi sa position sur la question, suite au changement de cap des Occidentaux, à la fin de l’été, et aussi – ou surtout – depuis l’irruption de la Russie dans le conflit. Il y a moins d’un mois, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait évoqué la possibilité d’une transition qui inclurait une partie des responsables du régime actuel, sans préciser lesquels. Le Premier ministre Ahmet Davutoglu est du même avis : une transition politique dans laquelle le président el-Assad resterait symboliquement au pouvoir pour six mois avant de se retirer est « acceptable », a-t-il indiqué.

C’est certainement de tout cela que vont discuter les Russes, Américains, Saoudiens et Turcs, réunis à Vienne pour une réunion quadripartite ce vendredi 23 octobre.

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