Irak

Irak: Abadi propose un nouveau gouvernement, Sadr appelle à lever le sit-in

Des partisans de l'imam Moqtada al-Sadr fêtent la fin du sit-in avec les forces de sécurité irakiennes, le 31 mars 2016.
Des partisans de l'imam Moqtada al-Sadr fêtent la fin du sit-in avec les forces de sécurité irakiennes, le 31 mars 2016. REUTERS/Ahmed Saad

L'influent chef chiite irakien Moqtada al-Sadr a appelé jeudi 31 mars ses partisans à mettre fin à un sit-in de deux semaines aux portes de la « zone verte » à Bagdad visant à réclamer des réformes au gouvernement. Cette annonce est intervenue après que le Premier ministre Haïdar al-Abadi a présenté au Parlement une proposition de nouveau gouvernement. C'était l'une des mesures demandées par le dirigeant chiite qu'il vient donc d'obtenir.

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Avec notre correspondante à Amman,  Angélique Férat

Moqtada al-Sadr aura usé de toute son influence pour obtenir gain de cause. Il aura même participé physiquement au rassemblement organisé devant la « zone verte », avec un mot d'ordre : la fin de la corruption et la constitution d'un gouvernement de techniciens. Il aura même dû menacer d'aller à la confrontation. C'est peu dire que les choses se sont dénouées au forceps.

L'Intérieur et la Défense gardent leur poste

Dans la journée, Haïdar al-Abadi, le Premier ministre placé sous cette pression de la rue, avait tenté de répondre à cette exigence, en présentant un nouveau gouvernement. Un gouvernement resserré, censé faire le ménage au plus haut sommet de l'Etat, avec à la clé une remise à plat du système de partage du pouvoir qui prévaut depuis 2003, système accusé de favoriser la corruption et l'incompétence.

C'est un cabinet d’indépendants qu'il a présenté. Ils ont été choisis « sur la base de leur compétence et intégrité », a tenu à souligner le chef du gouvernement irakien. On trouve un professeur de l’université de Dohuk, le descendant du roi irakien déposé en 1958... Les seize noms proposés ne sont pas directement liés aux partis politiques en place. Seuls deux ministres conservent leurs postes, ceux de l’Intérieur et de la Défense. A-Abadi estime que nommer de nouveaux ministres pourrait affaiblir la campagne militaire contre l’organisation de l’Etat islamique.

La partie n'est pas terminée, car le Parlement irakien va désormais devoir se prononcer sur chaque nouvelle nomination. Cela devrait commencer dès samedi prochain. Or la classe politique irakienne est très réticente face à ces réformes parce qu'elles risquent de remettre en cause les privilèges d'un grand nombre d'hommes politiques.

L'espoir d'un début de vraie lutte

De son côté, Moqtada al-Sadr, s'il parvient à ses fins, aura gagné sur les deux tableaux : il aura répondu aux attentes d'une grande partie de la population irakienne, et il apparaitra de nouveau comme une figure-clé du paysage politique irakien.

Tout en étant le chef d’un parti au pouvoir, il incarne celui qui a forcé le Premier ministre à réformer, à entendre les demandes des manifestants qui depuis un an défilent pour dire non à la corruption et à l’incompétence.

Certains espèrent tout de même voir dans ce nouveau gouvernement le début d’une vraie lutte contre la corruption.

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