Irak

L’Irak s’enfonce dans une nouvelle crise politique

En voulant destituer le président du Parlement, les députés cherchent à affaiblir le Premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi.
En voulant destituer le président du Parlement, les députés cherchent à affaiblir le Premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi. REUTERS/Kirill Kudryavtsev

En Irak, le Parlement ne parvient toujours pas à s'entendre sur la formation d'un nouveau gouvernement. Signe de la tension qui règne entre les députés irakiens, une partie d'entre eux a voté ce jeudi 14 avril la destitution du président du Parlement, un vote aussitôt contesté pour des raisons de forme.

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Voilà plusieurs semaines que la classe politique irakienne est traversée par une crise qui ne cesse de croître. Elle s’est encore aggravée ce jeudi lorsque des députés ont voté la destitution du président du Parlement, une décision qui retarde la formation d’un nouveau gouvernement.

En mars, l’influent leader chiite Moqtada Sadr avait mené un sit-in de deux semaines avec ses partisans pour accélérer la formation d’un gouvernement de technocrates en abandonnant le système des quotas, qui réserve un certain nombre de postes gouvernementaux aux différentes communautés du pays. Le 31 mars, le Premier ministre Haïdar al-Abadi a répondu à sa demande en proposant une première liste d’un nouveau gouvernement.

« Cela a suscité l’opposition des blocs politiques au Parlement qui sont très attachés à ce système de quotas », indique Robin Beaumont, doctorant à l’EHESS et spécialiste de la vie politique irakienne. Une deuxième liste a alors été présentée. Sans plus de succès. « Cette nouvelle liste est considérée par une partie des députés réformistes comme faisant trop de compromissions vis-à-vis des blocs politiques, ce qui a amené au blocage qu’on connaît aujourd’hui », poursuit Robin Beaumont. Car le président du Parlement apparaît comme un allié du Premier ministre. Le forcer à la démission permettrait donc d’affaiblir le chef du gouvernement.

Dans cette crise politique qui se trame à Bagdad, un acteur extérieur pourrait jouer un rôle d'apaisement, à savoir l'Iran. Téhéran conserve en effet une influence très forte au sein des partis chiites irakiens et n'a aucun intérêt à voir cette crise empirer. « Leur préoccupation la plus urgente, c’est la lutte contre l’Etat islamique. Or la guerre contre l’Etat islamique ne peut se faire qu’avec un Irak relativement stable », analyse encore le spécialiste de l’Irak Robin Beaumont. « On peut imaginer que l’Iran fera ce qu’il peut pour calmer un peu les tensions », avance-t-il.

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