Irak

Irak: Amnesty pointe des arrestations arbitraires à Amriyat al-Falloujah

Un soldat irakien monte la garde dans une base militaire, le 11 février 2016.
Un soldat irakien monte la garde dans une base militaire, le 11 février 2016. SAFIN HAMED / AFP

Près de 700 personnes sont détenues arbitrairement par les forces de sécurités irakiennes, à Amriyat al-Falloujah. Après avoir chassé le groupe Etat islamique d’une partie de la province d’Al-Anbar, les autorités de Bagdad ont arrêté des centaines de citoyens accusés de connivence avec les jhadistes. Mais dans la majorité des cas, il n’y a aucune preuve d’un quelconque lien avec l’organisation terroriste selon Amnesty International. L’ONG parle également de conditions de détention inhumaines.

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Les autorités irakiennes détiennent des personnes souvent innocentes accusées de « terrorisme » dans de terribles conditions et n'ont pas la capacité de traiter rapidement leur cas, a dénoncé lundi l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International.

Une délégation de l'ONG, comprenant son secrétaire général Salil Shetty, a eu l'autorisation de visiter samedi l'un des centres de détention à Amriyat al-Falloujah, dans la vaste province sunnite d'Al-Anbar, à quelques encablures à l'ouest de l'Irak, où les forces de sécurité combattent depuis 2014 les jihadistes du groupe Etat islamique.

Pour Donatella Rovera, conseillère pour les situations de crise à Amnesty, le centre - géré par les forces irakiennes du contre-terrorisme - est surpeuplé et loin de réunir des conditions de détention satisfaisantes. « Nous avons trouvé à peu près 700 détenus, raconte-t-elle. Parmi eux, il y avait des enfants de 15-16 ans [...] Les conditions de détention sont absolument déplorables. Dans une pièce il y avait à peu près 400 personnes, dans une autre pièce il y en avait à peu près 200. Ils étaient accroupis, parterre. Il n’y avait pas plus qu’un mètre carré d’espace par personne. Ces personnes sont détenues depuis des mois, sans pouvoir s’allonger. Ils passent 24 heures sur 24 assis, accroupis, parce qu’il n’y a pas l’espace physique pour pouvoir bouger plus que ça, des conditions d’hygiène absolument déplorables. Ce n’est absolument pas acceptable de détenir des êtres humains dans des conditions pareilles. »

La responsable compte uniquement quatre enquêteurs pour traiter tous les cas. « Nous, ce qui nous concerne ce sont les problèmes de procédure. Ils ne devraient pas rester dans des délais aussi longs sans être inculpés ou libérés. »

Pour Amnesty, le renforcement du système judiciaire devrait être une priorité en Irak où de sérieuses violations des droits de l'homme continuent d'avoir lieu en toute impunité.

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