Liban

Municipales au Liban: «Beirut Madinati», ou la force des réseaux sociaux

Page Facebook de la liste «Beirut Madinati» pour les municipales 2016 à Beyrouth.
Page Facebook de la liste «Beirut Madinati» pour les municipales 2016 à Beyrouth. Capture d'écran
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Près de 2,8 millions de Libanais sont appelés aux urnes, à partir du dimanche 8 mai 2016, pour élire les membres de 1 410 conseils municipaux. Ce scrutin débute à Beyrouth et dans la plaine orientale de la Bekaa, et s’étalera sur quatre dimanches successifs. Particularité de cette consultation : les réseaux sociaux jouent un rôle central dans les campagnes électorales des différents candidats. C’est notamment le cas d’une liste appelée « Beirut Madinati », ce qui signifie « Beyrouth ma ville » en arabe.

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De notre correspondant à Beyrouth,

Au Liban, beaucoup de candidats et d’électeurs pensaient que les élections municipales allaient probablement être reportées, comme que ce fut le cas pour les législatives. Le mandat du Parlement actuel devait s’achever en juin 2013, mais il a été prorogé une première fois jusqu’en novembre 2015, puis une deuxième fois jusqu’en juin 2017.

Finalement, contre toute attente, la date des municipales a été maintenue, ce qui a pris de court tout le monde. La campagne électorale a donc commencé avec du retard. De quoi expliquer, en partie, la discrétion des candidats. Les rues sont moins encombrées de calicots et les murs moins recouverts de portraits.

Cependant, la campagne électorale bat son plein sur les réseaux sociaux. C’est notamment le cas de la liste « Beirut Madinati », sans conteste la liste la plus active sur la Toile. En un mois, sa page Facebook a attiré plus de 44 000 supporters, et le compteur continue de tourner.

« Beirut Madinati » brigue les 24 sièges du conseil municipal de la capitale, face à une coalition formée de tous les partis politiques traditionnels du pays : les sunnites de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, les chiites du président du Parlement Nabih Berry, les chrétiens de Michel Aoun et de Samir Geagea.

Une liste qui se veut à l'image de la capitale du Liban

Tous ces partis, avec leurs énormes moyens et leurs grosses machines, contre des jeunes femmes et hommes indépendants ? Ça a tout l’air d’un combat entre David et Goliath. Mais « Beirut Madinati » dispose d’atouts de taille : elle est présidée par un brillant architecte et urbaniste, Ibrahim Mneimné, et compte dans ses rangs des artistes, comme le chanteur populaire Ahmad Kaabour.

On y trouve également un médecin célèbre, le cardiologue Walid Alami ; mais aussi une actrice, réalisatrice et scénariste de renommée internationale, Nadine Labaki ; ou encore un pêcheur, un pharmacien, des entrepreneurs... La liste se veut à l’image de Beyrouth : une ville pour tous. Et grâce aux réseaux sociaux, ces candidats propagent leurs idées et font connaitre leur programme.

La plupart des membres de la liste sont d'anciens étudiants des plus grandes universités du Liban. Ils disposent donc de vastes réseaux d’amis et de connaissances. Grâce à ces réseaux, et en utilisant Facebook et Twitter comme levier, ils ont pu toucher, en peu de temps, un grand nombre de personnes.

Devant le succès rencontré par leur projet et leurs idées réformatrices, ils se sont imposés à tous les médias. Ils se présentent comme des candidats intègres face à des partis politiques corrompus. Leur objectif est simple : transformer Beyrouth en ville moderne, propre, verte et accueillante. Ambitieux.

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