Syrie

Syrie: accord entre les Etats-Unis et la Russie pour une trêve à Alep

Les forces de sécurité syriennes évacuent de personnel médical de l'hôpital de Muhafaza, à Alep, après des tirs rebelles meurtriers, le 3 mai 2016.
Les forces de sécurité syriennes évacuent de personnel médical de l'hôpital de Muhafaza, à Alep, après des tirs rebelles meurtriers, le 3 mai 2016. GEORGE OURFALIAN / AFP
Texte par : RFI Suivre
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Le département d’Etat américain a confirmé mercredi soir un accord entre Washington et Moscou portant sur l'extension à la ville d'Alep de la cessation des hostilités. Damas s'engage à respecter une trêve de 48 heures à Alep à partir de jeudi matin.

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C'est par un bref communiqué que le département d'Etat américain a confirmé l'accord. Cette trêve « est entrée en vigueur aujourd'hui à 00H01 », heure locale, « dans la province d'Alep, y compris dans la ville d'Alep », précise le communiqué. « Nous avons constaté une réduction générale de la violence dans ces zones, même s'il y a des informations faisant état de la poursuite de combats à certains endroits », ajoute le département d'Etat américain, dans ce communiqué.

Moscou devra redoubler d'efforts pour convaincre le président syrien Bachar el-Assad, de se conformer à cet accord. Pour le moment, ce dernier s'est engagé à appliquer une trêve de 48 heures, jusqu'au vendredi 6 mai, à minuit. Washington, de son côté, fera de même auprès de l'opposition. Cette répartition des tâches entre les deux pays avait déjà permis la conclusion de trêves locales dans la région de Lattaquié et de Damas, c'est ce schéma qui devrait donc être reconduit pour réduire l'intensité des combats et des bombardements à Alep. 

Cela faisait plusieurs jours, près d'une semaine, que les Russes et les Américains étaient en contact direct pour parvenir à une cessation des hostilités et plus précisément, sur une extension des accords de retour au calme conclu il y a une dizaine de jours pour la région de Damas et pour celle de Lattaquié. Avec un point de blocage qui avait été mentionné à plusieurs reprises : les liens entre les groupes rebelles se battant à Alep, et le Front al-Nosra, filiale syrienne d'al-Qaïda, Moscou et Damas justifiant la reprise des hostilités à Alep par la présence du Front al-Nosra dans les rangs de la rébellion.

Cet accord sera-t-il respecté sur le terrain ? On peut l'espérer, car les Etats-Unis et la Russie sont certainement aujourd'hui les deux seuls pays en mesure d'imposer à un accord de cessez-le-feu aux belligérants. Washington se chargeant de faire pression sur les groupes rebelles et Moscou sur le régime de Bachar el-Assad. Les Etats-Unis et la Russie en sont capables, ils l'ont prouvé en février dernier, puisque c'est eux qui avaient réussi à imposer le premier accord de cessation des hostilités depuis le début de la guerre civile en Syrie.

En tout cas, mercredi soir, l'armée syrienne s'est engagée à appliquer un « régime de calme » pendant 48 heures à Alep à partir de jeudi matin, a annoncé la télévision publique syrienne.

On a peur que ça s’envenime. C’est-à-dire que les rebelles pourraient disposer à l’avenir de matériels plus sophistiqués, comme des missiles sol-air qui seraient distribués par les Turcs et les Saoudiens. Et Moscou a déclaré en off que si ce matériel arrivait entre les mains de la rébellion, les Russes pourraient distribuer aussi ce matériel à des groupes comme le PKK… Là on aurait clairement une escalade du conflit. Russes et Américains cherchent à éviter cela.

Fabrice Balanche

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