Israël / Territoires palestiniens

Tensions avec Israël, les Gazaouis craignent un nouveau conflit

La ville de Beit Hanoun, à Gaza, frontalière d'Israël, garde les stigmates de la guerre de 2014.
La ville de Beit Hanoun, à Gaza, frontalière d'Israël, garde les stigmates de la guerre de 2014. RFI/ Murielle Paradon

Israël a riposté à des tirs d’obus venus de la bande de Gaza mercredi 4 mai, selon l’armée. Il n’y a pas eu de victimes d’un côté comme de l’autre, mais la tension monte. Les incidents se sont multipliés ces derniers jours. Le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, a mis en garde Israël contre toute escalade. A Gaza, la population qui peine à se remettre de la dernière guerre en 2014, craint un nouveau conflit. Reportage à Gaza, Murielle Paradon.

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A Beit Hanoun, à l’est de la bande de Gaza, les enfants jouent aux pieds d’immeubles dévastés qui gardent les stigmates de la dernière guerre. C’est une zone frontalière avec Israël et les incidents sont nombreux, selon Khaled Abdel Karim, 70 ans, un habitant de la ville : « On entend régulièrement des tirs des Israéliens sur la bande de Gaza, surtout dans les zones frontalières comme Beit Hanoun ». Le vieil homme, comme beaucoup d’habitants de Gaza, craint un nouveau conflit avec Israël. « On a peur que la situation dégénère, car durant la dernière guerre, il y a eu beaucoup de victimes et de maisons détruites ici », assure-t-il.

Mohammed Abou Gamar, 40 ans, dit attendre la prochaine guerre comme une fatalité: « C’est écrit dans notre religion, la guerre avec les Israéliens, jusqu’à la mort ». Des affiches de propagandes sont visibles dans toutes les villes de Gaza. On y voit des combattants des groupes armés fusils à la main, des photos à la gloire des martyrs, les Palestiniens tués par les soldats israéliens.

« Ni le Hamas ni Israël n’ont intérêt à une nouvelle guerre »

La bande de Gaza se prépare-t-elle à une prochaine guerre ? « Ni le Hamas, ni Israël n’y ont intérêt, estime Mkhaimar Abusada, politologue à l’Université Al Azhar de Gaza, mais ils subissent des pressions internes. Les Israéliens qui vivent près de Gaza ne veulent pas voir de tunnels à leurs pieds. Et à Gaza, certains groupes, comme les salafistes, font tout pour briser le cessez-le-feu en tirant des roquettes, car ils estiment que la situation à Gaza ne s’est pas améliorée ».

Près de deux ans après la dernière guerre, le sort des Gazaouis est désespérant. La reconstruction n’avance pas, Israël a bloqué les livraisons de ciment au secteur privé il y a un mois, le taux de chômage dépasse les 45%, il n’y a que 6 heures d’électricité par jour et les déplacements vers l’extérieur sont toujours aussi difficiles, en raison du double blocus imposé par Israël et par l’Egypte. « Je préfère encore une nouvelle guerre à la situation économique que nous vivons », lâche Mohammed Abou Gamar.

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