Syrie

Syrie: vers «une détente» de 48 heures après deux semaines de violences

Une rue d'Alep après des bombardements, le 3 mai 2016.
Une rue d'Alep après des bombardements, le 3 mai 2016. REUTERS/Abdalrhman Ismail
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Après deux semaines de violents combats, les efforts déployés par la Russie, les Etats-Unis et les fortes pressions exercées par l’ONU ont enfin débouché sur une trêve à Alep. L’état-major de l’armée syrienne a parlé d’une « détente » de 48 heures à partir de ce jeudi 5 mai.

Publicité

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Le niveau de violence a sensiblement baissé et un calme précaire règne sur toute la ville. La seule violation grave est la chute, quelques minutes après le début de la trêve, de trois obus, tirés par les rebelles sur le quartier Al-Midane, contrôlé par le régime. Bilan : un civil a été tué et plusieurs personnes blessées.

Mais ce n’est rien comparé à l’enfer de ces deux dernières semaines. Des experts militaires, ici à Beyrouth, affirment que plus de 10 000 obus et roquettes ont été tirés lors des duels d’artillerie entre l’armée syrienne et les rebelles, en 13 jours; sans oublier les raids aériens.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 285 civils ont été tués, et des centaines d’autres ont été blessés. Il faut y ajouter des dizaines, peut-être même des centaines de combattants des deux camps tués.

Treize jours de combat

Les rebelles ont tenté à trois reprises d’enfoncer les lignes de défense de l’armée syrienne et de ses alliés au nord et à l’ouest de la ville. L’offensive la plus violente a été lancée lundi et mardi : l’aviation, les chars, les canons et l’infanterie ont été déployés dans cette bataille.

Les rebelles ont avancé sur certains points du front, mais cette progression est insignifiante dans cette ville de 190 kilomètres carrés, presque deux fois plus grande que Paris.

De son côté, l’armée syrienne a essayé, sans y parvenir, de couper la dernière voie de ravitaillement des rebelles, à l’est d’Alep. Cette route, appelée le Castello, longe le nord de la ville et relie les quartiers est à la province d’Idleb, à l’ouest. Elle est toujours praticable pour les rebelles.


Réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU mercredi 4 mai

L'accord russo-américain sur une trêve à Alep est une bonne nouvelle pour les habitants qui subissent depuis 15 jours l'une des pires campagnes de bombardement depuis le début du conflit syrien.

Malgré cette embellie, une mauvaise nouvelle persiste : les profondes divergences qui continuent d'opposer Moscou et Washington et qui ce sont une fois de plus exprimées lors de cette réunion du Conseil de sécurité.

→ A (RE)LIRE : Syrie: doutes et divergences pour une trêve incertaine

Samantha Power, la représentante américaine a clairement dénoncé cette escalade militaire qu'elle impute à un seul parti, celui de Bachar el-Assad.

De son côté, la Russie, par la voix de son représentant Vitaly Churkin, accuse au contraire les rebelles syriens de Arhar al-Sham et de Jaish al-Islam. Moscou. Deux groupes d’opposition modérée que Moscou voudrait maintenant voir figurer sur la liste des terroristes.

Cela ne présage rien de bon pour une reprise rapide des pourparlers de paix que l'ONU espère encore organiser dans le courant du mois de mai.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail