Liban

Elections au Liban: la société civile a perdu son pari face aux partis traditionnels

L'ancien Premier ministre Saad Hariri déposant son bulletin dans l'urne, le 8 mai à Beyrouth.
L'ancien Premier ministre Saad Hariri déposant son bulletin dans l'urne, le 8 mai à Beyrouth. REUTERS/Mohamed Azakir

Les électeurs libanais étaient appelés aux urnes dimanche 8 mai pour la première fois depuis 2010 afin d’élire les conseils municipaux à Beyrouth et dans la plaine orientale de la Békaa. Le scrutin s’est déroulé sans incidents majeurs et a enregistré la victoire de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, dans la capitale.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Les résultats ne sont pas encore officiels, mais les chiffres sont sans équivoque. A Beyrouth, le leader sunnite Saad Hariri a réaffirmé sa suprématie en faisant élire les 24 membres de la liste qu’il soutenait. Il faut dire que l’ancien Premier ministre s’était allié, pour l’occasion, à tous les partis politiques qu’ils soient chrétiens, arméniens ou chiites, à l’exception du Hezbollah.

Beyrouth Madinati, appuyée par la société civile, n’a pas fait le poids face aux machines structurées des partis politiques traditionnels. Et les Beyrouthins qui n’ont pas manqué d’exprimer par divers moyens ces derniers mois leur rejet de la classe politique n’ont pas jugé bon de se déplacer pour aller voter. Résultat : 20% de participation seulement. Il est normal dans ce contexte que les partis qui ont les meilleures capacités de mobilisation de leurs électeurs se soient imposés.

Si à Beyrouth, la société civile a été laminée par les partis, à Zahlé, le chef-lieu de la Békaa, ce sont les familles traditionnelles qui ont été écrasées. La liste soutenue par les trois principales formations chrétiennes du pays s’est imposée face à deux listes appuyées par deux grandes familles de la ville, les Skaff et les Fattouche.

Certes, il n’y a pas eu d’incidents violents. Mais l’Association de surveillance de la démocratie des élections a quand même noté une augmentation de 80% des irrégularités par rapport aux dernières élections.

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