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Israël

Polémique autour de la parution du nouveau livre d’instruction civique en Israël

Le nouveau livre d'instruction civique israélien doit figurer à la rentrée prochaine ua programme des lycéens.
Le nouveau livre d'instruction civique israélien doit figurer à la rentrée prochaine ua programme des lycéens. REUTERS/Ronen Zvulun

En Israël, la parution d’un nouveau livre d’instruction civique pour les élèves crée la polémique. Selon ses détracteurs, ce livre intitulé Etre citoyen israélien met en avant les Juifs religieux et néglige les laïcs et les Arabes dans la société israélienne.

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De notre correspondante à Jérusalem,

C’est un livre de 500 pages, qui vient d’être publié sur Internet, et qui doit figurer, à la rentrée prochaine, au programme des lycéens. L’instruction civique est une matière obligatoire en Israël. Toute la presse, de gauche comme de droite, publie des extraits du manuel en se montrant très critique. Pour résumer, celui-ci résume l’identité israélienne, très complexe, à une seule de ses composantes : l’identité juive.

« Il ne parle pas du tout du droit à l’autodétermination du peuple palestinien »

La place accordée aux Arabes par exemple, qui constituent 20 % de la société israélienne, est très faible. Les musulmans sont particulièrement dénigrés. Dans les pages accordées à leur vie quotidienne, le livre montre « une société archaïque qui opprime ses femmes », dénonce le journal de gauche Haaretz. Pas un mot en revanche des discriminations que cette minorité subit.

« Il y a un sentiment anti-arabe voir raciste qui émane du livre », commente un professeur de l’université de Haïfa, interrogé par le quotidien de droite Maariv. Mais les juifs laïcs passent également en second plan, dans cet ouvrage où la religion prend beaucoup de place. Les auteurs insistent sur le fait que l’Etat d’Israël a été créé, entre autres, parce que « Dieu l’a promis » au peuple juif.

Il y a tout un discours religieux et nationaliste dans ce livre d’instruction civique. « Il met l’accent sur l’Etat-nation juif, mais il ne parle pas du tout du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, dont l’existence est remise en question », dénonce un analyste dans le journal Maariv.

« La manière dont la droite israélienne et les sionistes religieux voient l’Etat »

Depuis un moment déjà, le ministère de l’Education est soumis aux critiques. En début d’année, des extraits du livre avaient fuité et provoqué la polémique. Du coup, des passages avaient été supprimés mais l’esprit du livre reste. Le ministère estime que c’est un livre qui représente les valeurs de l’Etat juif et démocratique qu’est Israël.

Pour l’éditorialiste de Haaretz, « ce livre reflète la manière dont la droite israélienne et les sionistes religieux voient l’Etat d’Israël », et non la réalité du pays. Selon le politologue et historien Denis Charbit, « c’est une mainmise idéologique du gouvernement de Netanyahu sur l’éducation ».

Le ministre de l’Education Naftali Bennett est lui-même un nationaliste religieux, adulé par les colons israéliens. Le danger ? Que les élèves soient influencés par ce genre de manuels orientés. Mais Denis Charbit se veut confiant : « Les professeurs feront preuve de pragmatisme, espère-t-il. Certains n’utiliseront pas ce livre, ou ils s’en serviront pour provoquer un débat. »

→ À relire : Entre Israël et Palestine, des histoires qui s’ignorent

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