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Liban

Liban: une apparition d'Amin Maalouf à la télé israélienne déchaîne les passions

L'écrivain franco-libanais Amin Maalouf, en juin 2012 à l'Institut de France à Paris lors de son entrée à l'Académie.
L'écrivain franco-libanais Amin Maalouf, en juin 2012 à l'Institut de France à Paris lors de son entrée à l'Académie. FRANCOIS GUILLOT / AFP
3 min

La participation à l’émission « Culture » de la chaîne israélienne francophone i24 News, le 2 juin dernier, du célèbre écrivain franco-libanais Amin Maalouf, membre de l’Académie française depuis 2011, n’en finit pas de déchaîner les passions sur les réseaux sociaux et dans les médias au Liban. L’auteur de l'essai Les Identités meurtrières, prix Goncourt 1993 pour son roman Le rocher de Tanios, est accusé de « trahison ». La « campagne du boycott d’Israël » lui demande de s’excuser auprès des Libanais, des Palestiniens et des Arabes.

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De notre correspondant à Beyrouth,

Qu’a donc dit le célèbre Amin Maalouf, lors de son passage sur la chaîne télévisée i24 News - enregistré à Paris -, pour mériter d’être cloué au pilori, après avoir été adulé par une grande partie de ceux qui le critiquent aujourd’hui ? Absolument rien qui puisse être interprété comme un soutien aux politiques israéliennes.

Il n’a d’ailleurs, à aucun moment, prononcé le mot « Israël », comme le souligne l’écrivain et grand critique littéraire Abdo Wazen dans un article publié le 13 juin dans le quotidien libanais à capitaux saoudiens Al-Hayat. Amin Maalouf a consacré les 34 minutes de son interview à parler de son dernier livre, Un fauteuil sur la Seine.

Ce n’est donc pas le contenu de l’émission qui a provoqué cette levée de boucliers, mais bien sa simple apparition sur une chaîne israélienne. Trois jours seulement après ce passage, un hashtag dénonçant une « normalisation » par l'académicien (#Amin Maalouf_normalise) s’était déjà répandu comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.

Al-Akhbar particulièrement sévère avec Amin Maalouf

Le reproche fait à l’écrivain est de contribuer à la « normalisation culturelle » avec Israël, un pays avec lequel le Liban est techniquement en guerre depuis 1948. D’ailleurs, les lois libanaises interdisent tout contact, sous n’importe quel prétexte, avec Israël, qualifié d’« ennemi » par la législation libanaise.

Les critiques ont rapidement commencé à pleuvoir. La plus sévère est celle du chef des pages culturelles du quotidien Al-Akhbar. Pierre Abi Saab déplore qu’Amin Maalouf ait « sacrifié son image d’écrivain aimé des Arabes, qui étaient fiers de lui, le lisant avec plaisir et passion ».

« Que fait-il là devant cette caméra, comme un élève poli et docile subissant l’interrogatoire d’une speakerine israélienne ? Dans quel but ? », s’interroge le journaliste. L’article, intitulé « Léon l’Israélien », en allusion au célèbre ouvrage d’Amin Maalouf Léon l’Africain, a été partagé des centaines de fois sur les réseaux sociaux.

Elle prend sa défense, et récolte un hashtag à son tour

Un grand nombre d’internautes ont exprimé leur amertume, leur tristesse et leur déception vis-à-vis d’un auteur qu’ils admiraient. Un hashtag #Rendez-lui_ses livres a fait son apparition. L’initiative propose de renvoyer par courrier à l’auteur ses livres, chez lui ou chez ses éditeurs.

Mais les défenseurs ont également voix au chapitre. Amin Maalouf a ses partisans, et non des moindres, comme Abdo Wazen. Cet écrivain condamne la duplicité des détracteurs d’Amin Maalouf, qui attaquent l’auteur du livre Les Croisades vues par les Arabes et ferment les yeux sur leur « allié » Vladimir Poutine, qui a rendu à Israël un char capturé par l’armée syrienne lors d’une bataille au Liban, en 1982.

Autre personnalité pro-Maalouf : la chanteuse Elissa, très connue au Liban et dans le monde arabe. Elle s’est insurgée, dans un tweet, contre les « attitudes superficielles ». « Amin Maalouf est une personnalité libanaise qui nous rend fiers », a-t-elle écrit. Cela lui a valu à son tour un haschtag #Elissa soutient_la normalisation avec Israël. Ce qu’elle a nié avec véhémence.

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