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Syrie

Syrie: entre al-Nosra et al-Qaïda, la rupture stratégique

Des combattants du Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, principale composante de l'«Armée de la conquête» sur la route qui relie Alep et Latakié, le 6 juin 2015.
Des combattants du Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, principale composante de l'«Armée de la conquête» sur la route qui relie Alep et Latakié, le 6 juin 2015. REUTERS/Mohamad Bayoush
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La branche syrienne d'al-Qaïda, le Front al-Nosra, a annoncé la rupture des liens avec sa « maison mère » au nom duquel elle combattait depuis 2013. Dans une vidéo où apparaît pour la première fois son chef Abou Mohammad al-Jolani, celui-ci annonce également que son groupe change de nom. Al-Nosra s'appellera désormais le « Front Fateh al-Cham ». La rupture ressemble à un divorce par consentement mutuel, dans l’intérêt bien compris des combattants jihadistes en Syrie.

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Le groupe jihadiste al-Nosra qui combat le régime Assad et qu'on qualifiait jusque-là de branche syrienne d'al-Qaïda a annoncé son divorce de l'organisation terroriste islamiste. C'est son chef Abou Mohammad al-Jolani qui a pris la parole dans une vidéo diffusée par la chaîne de télévision al-Jazeera.

Dans la foulée, al-Nosra change de nom et se rebaptise « Front Fateh al-Cham », ce qui signifie « Conquête de la Syrie » en arabe. Un changement de marque qui pourrait avoir pour objectif de protéger les 8 000 combattants du groupe des frappes de la coalition et des chasseurs russes.

Une rupture qui ne convainc pas Washington, qui continue à parler de groupe terroriste. « Nous ne voyons aucune raison de penser que leurs actions ou leurs objectifs sont devenus différents » après cette annonce de rupture, a indiqué le porte-parole du département d'Etat, John Kirby.

Al-Nosra est apparu officiellement en Syrie en janvier 2012, dix mois après le début de la révolte pacifique contre le régime de Bachar el-Assad.

Al-Qaïda n'est pas présentable politiquement sur la scène internationale. Or, tant que al-Nosra était affilié à al-Qaïda, aucun gouvernement, aucun mouvement ne pouvait avoir des liaisons officielles, apporter une aide officielle ou officieuse à al-Nosra à cause de cette dépendance considérée comme contre-nature. Le fait de ne plus appartenir à al-Qaïda va permettre à un certain nombre d’États, je pense à l'Arabie saoudite et à certains États du Golfe, d'apporter une aide à ce mouvement en rébellion avec le régime d'Assad, en disant "regardez,ils sont tout à fait fréquentables car ils ont rompu avec la maison mère".

Alain Rodier, directeur de recherche auprès du Centre français de recherche sur le renseignement

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