Turquie / Syrie

La Turquie veut «nettoyer» sa frontière avec la Syrie

Le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, le 27 juillet 2015.
Le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, le 27 juillet 2015. AFP PHOTO / PATRICIA DE MELO MOREIRA

Deux jours après un attentat sanglant dans le sud-est du pays, la Turquie souhaite monter en puissance dans sa lutte contre l'organisation Etat islamique. En soutenant les rebelles, Ankara souhaite aussi freiner l'avancée des Kurdes syriens dans sa lutte contre le groupe terroriste.

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« Notre frontière doit entièrement être nettoyée de Daech », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mehmet Cavusoglu, ce 22 août. Du côté turc de la frontière, des centaines de rebelles syriens soutenus par Ankara sont massés en vue d'une offensive pour capturer la ville frontalière syrienne de Jarablus, tenue par le groupe Etat islamique depuis 2013.

Les déclarations de Mehmet Cavusoglu interviennent deux jours après un attentat sanglant sur le sol turc imputé à l'organisation jihadiste. Le 20 août, un très jeune kamikaze s'est fait sauter lors d'une fête de mariage kurde à Gaziantep dans le sud-est du pays, près de la frontière syrienne, tuant 54 personnes.

L'attaque a provoqué une onde de choc en Turquie, cible de plusieurs attentats attribués au groupe EI depuis 2015. Les forces turques estiment que l'attaque a été menée par les jihadistes en représailles aux offensives menées en Syrie par les rebelles syriens soutenus par Ankara.

Barrer la route aux Kurdes

Ce 22 août, l'artillerie turque a bombardé séparément des positions kurdes et de l'organisation Etat islamique dans le nord de la Syrie, à sa frontière, selon des chaînes de télévision turques. Les rebelles veulent empêcher leurs rivaux kurdes antijihadistes de parvenir à Jarablus avant eux.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition dominée par des combattants kurdes, ont, avec l'appui des Etats-Unis, chassé le groupe Etat islamique de plusieurs zones de Syrie, dont la ville carrefour de Manbij début août.

L'appui américain aux FDS a mis à mal les relations entre Washington et Ankara, alliées au sein de l'Otan. Mais pour Ankara, les Kurdes sont étroitement liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation qu'elle qualifie de « terroriste ».

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