Irak

Offensive sur Mossoul: les civils pris entre deux feux

Les civils fuyant Mossoul pris en charge à Daquq en Irak, le 13 octobre 2016
Les civils fuyant Mossoul pris en charge à Daquq en Irak, le 13 octobre 2016 REUTERS/Ako Rasheed
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Des centaines de milliers de civils tentent de fuir les bombardements à Mossoul. Le Conseil norvégien des réfugiés se coordonne avec d'autres ONG pour s'assurer que les personnes qui fuient les affrontements soient pris en charge. Ils appellent à la création de routes sûres pour faire sortir les familles des zones de combat. Jeudi 19 octobre, une réunion internationale sur l'avenir politique de Mossoul se tiendra à Paris.

Publicité

La bataille de Mossoul s'engage, et elle éveille les craintes des ONG de défense des droits de l'homme. C'est le cas d'Amnesty International. L'ONG publie un rapport sur les exactions des milices chiites et des forces gouvernementales. Chaque recul de l'Etat islamique pousse des milliers de sunnites sur les routes. Des réfugiés qui sont souvent pris pour cible, et qui payent pour les horreurs de Daech. Pour Nina Walch, coordinatrice des conflits armés pour Amnesty France, la perspective de voir des milliers d'habitants de Mossoul sur les routes irakiennes est une vraie inquiétude en termes d’abus commis par les milices paramilitaires et les forces gouvernementales irakiennes. « On a déjà pu voir ça dans le passé et notamment lors de la reprise de Falloujah et les zones voisines en mai et juin. C’est à cette occasion-là qu’on a pu voir que ces milices, mais aussi les forces gouvernementales, ont arrêté, torturé et même exécuté des civils qui se sont échappés des zones contrôlées par l’Etat islamique».

«Les gens sont terrifiés»

Ces civils sont en effet très souvent soupçonnés d’être les complices de l’Etat islamique ou du moins, de les soutenir. « Ils vont aussi être arbitrairement punis pour des crimes qui ont été commis par l’Etat islamique. Par exemple, on a requis le témoignage de gens qui ont été détenus et enfermés dans une ferme, abandonnés et torturés. On leur avait dit que c’était pour le massacre de Speicher en juin 2014, lors duquel l’Etat islamique a tué quelque 1 700 officiers chiites, systématiquement pour punir ces gens ou alors pour des soupçons de liens avec l’Etat islamique »,poursuit Nina Walch.

Karl Schembri, coordinateur du Conseil norvégien des réfugiés en Irak appréhende lui aussi la situation pour les habitants de Mossoul, pris entre deux feux : « Tout le monde reste chez soi. Les gens sont terrifiés. Ils attendent et se préparent au pire. Ces personnes font face à un dilemme terriblement difficile ! Soit ils restent dans leur maison et risquent d’être pris dans les combats, les frappes aériennes, l’artillerie ou les tirs d’obus. Ils prennent aussi le risque que leurs maisons soient occupées par l’organisation de l’Etat islamique et qu’ils soient utilisés comme des boucliers humains. Soit ils essaient de fuir en prenant le risque d’être tués par des tireurs embusqués ou des explosifs laissés au bord des routes. On a déjà vu ça, ce terrible scénario, lors de la bataille de Falloujah. Des centaines, des milliers de familles sont mortes ou ont été sérieusement blessées en essayant de s’enfuir ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail