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Irak

[Reportage] Sur le front de Bachika, les forces kurdes progressent face à l'EI

Des combattants peshmergas positionnés dans le village de Sheikh Ali, près de Bashika, à 25 kilomètres au nord-est de Mossoul, le 20 octobre 2016.
Des combattants peshmergas positionnés dans le village de Sheikh Ali, près de Bashika, à 25 kilomètres au nord-est de Mossoul, le 20 octobre 2016. SAFIN HAMED / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

En Irak, les combattants kurdes tentent de reprendre la ville de Bachika qui accueillait autrefois plus de 100 000 habitants. Pour y accéder, ils doivent également reprendre les villages environnants. Reportage.

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Avec notre envoyée spéciale à Bachika,  Oriane Verdier

Monté sur le toit d'une petite maison, un groupe de peshmergas observe les combats, caché derrière une construction de sacs de sable. Hassan est inquiet pour ses camarades sur le terrain.

« Cette bataille-là va être très difficile parce que c'est une grande étendue, explique le soldat kurde. Ce n'est pas la reprise de quelques villages dans une plaine. C'est une ville et il n'y a que deux routes d'accès. On ne peut donc pas encercler la ville. Mais si on arrive à faire tomber Bachika, la colonne vertébrale de Mossoul sera cassée. Il n'y aura plus que Mossoul en face de nous sans aucun obstacle. »

Le général Abdullah craint que l'avancée de ses hommes ne soit également ralentie par la présence de civils dans les communes.

« Selon nos connaissances, dans certains villages il y a peu d'habitants. Notre peur est que Daech les utilise comme boucliers humains. Dans ce cas, nous allons devoir avancer moins vite pour qu'ils ne soient pas victimes des combats. S'ils fuient, ils leur tirent dessus. »

Deux explosions retentissent au loin. Impossible de savoir qui en est à l'origine, expliquent les deux hommes. Sur la colline surplombant Bachika, les canons américains et turcs tirent régulièrement, mais il n'y a aucun moyen de se rendre sur le front avec les soldats des deux armées.

Si on arrive à faire tomber Bachika, la colonne vertébrale de Mossoul sera cassée.

Avec les combattants peshmergas, près de Bachika

Inquiétude sur le sort de deux millions de civils

Plusieurs ONG ont lancé ce jeudi 20 octobre un appel à la communauté internationale pour venir en aide à la population civile, prise au piège à l'intérieur de la deuxième plus grande ville irakienne, Mossoul, encore aux mains des jihadistes de l'organisation Etat islamique. Les ONG s'inquiètent du sort de plus de deux millions de civils, dont 600 000 enfants, alors qu'une importante offensive de la coalition internationale pour libérer la ville est en cours. Les organisations humanitaires appellent à la création au plus vite d'un couloir humanitaire pour protéger les populations.

« On commence à avoir beaucoup de déplacés qui viennent de villages autour de Mossoul, explique Tarik Kadir, porte-parole de l'ONG Save the Children, joint à Erbil par RFI. On a eu pas mal de déplacés qui sont maintenant des réfugiés parce qu’ils ont traversé la frontière avec la Syrie - entre 6 000 et 10 000 personnes sont en Syrie, dans un camp. On a [aussi] eu des déplacés au Nord. On en attend beaucoup plus dans quelques jours. On a distribué aujourd’hui 281 kits familiaux et de l’eau pour les déplacés qui arrivaient dans la ville de Kayara [jeudi 20 octobre]. »

Mais difficile pour les humanitaires d'atteindre des zones parfois toujours en proie aux combats. « Les risques sont énormes, ajoute Tarik Kadir. Il y a des mines un peu partout. On a aussi peur de l’utilisation d'armes chimiques qui est tout à fait possible, malheureusement. On a beaucoup de rapports [expliquant] que des enfants sont utilisés comme soldats. Pour nous, des passages sauvegardés pour les populations civiles sont obligatoires. On comprend que c’est difficile à faire, mais c’est obligatoire pour éviter tout risque pour les populations civiles innocentes. »

 → A (RE)LIRE → Offensive sur Mossoul: les civils pris entre deux feux

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