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Jordanie

Le Haut-Commissaire aux réfugiés examine la situation en Jordanie

Filippo Grandi, Haut-commissaire de l'ONU aux Réfugiés, lors d'une conférence de presse à Amman, le 24 octobre 2016.
Filippo Grandi, Haut-commissaire de l'ONU aux Réfugiés, lors d'une conférence de presse à Amman, le 24 octobre 2016. REUTERS/Muhammad Hamed
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Fillippo Grandi, le nouveau chef du Haut Commissariat aux réfugiés, terminait ce lundi sa tournée au Proche-Orient. A Amman, il a tenu à louer la Jordanie pour son accueil extraordinaire des réfugiés, insistant sur l'amélioration de la situation cette année 2016. Reste une question toujours en suspens et sans solution : les 80 000 Syriens bloqués à la frontière syro-jordanienne en plein désert depuis plus d'un an. La Jordanie a totalement fermé ses frontières en juin dernier après une attaque à la voiture piégée sur ses gardes.

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Avec notre correspondante à Amman,  Angélique Férat

La position de la Jordanie n'a pas changé. Ces 80 000 personnes, bloquées à la frontière, ne seront pas acceptées dans le royaume. Elles viennent pour beaucoup de zones tenues par l'organisation de l'Etat islamique, comme Palmyre ou Raqqa. La Jordanie estime qu'il y a trop d'incertitudes sur leurs identités et leurs motivations.

De l'eau leur est livrée dans ce camp chaque semaine. Mais depuis début août, aucun colis de nourriture ne l'a atteint. On sait que des personnes meurent littéralement de faim, surtout des enfants. « La demande principale des Jordaniens c'est que ces déplacés ne restent pas à cet endroit qui n'est pas sûr et pas viable. Donc l'aide humanitaire devrait être livrée à un autre endroit, un peu plus loin. La question c'est : comment va-t-on la livrer ? Comment on va être certains que les gens qui en ont besoin reçoivent l'aide et pas des individus qui ont d'autres intentions ? Comment on communique avec ces gens et avec leurs chefs tribaux ? Tout cela est en cours de discussion », expose Fillippo Grandi Haut-Commissaire aux réfugiés.

Le HCR craint que l'aide alimentaire ne soit volée et revendue à l'intérieur de la Syrie.
Le camp est situé juste sur la frontière dans une zone ou des combattants islamistes sont présents.

La bataille de Mossoul et ses conséquences humanitaires

Le diplomate italien a conclu sa visite par deux chiffres. Il y aurait sept millions de Syriens déplacés dans leur pays, cinq millions de Syriens sont réfugiés dans toute la région, de l'Irak à l'Egypte en passant par la Turquie. Reste un grand point d'interrogation : quelles conséquences la bataille de Mossoul au nord de l'Irak aura-t-elle ?

La bataille de Mossoul a débuté il y a une semaine. 7000 personnes seulement ont fui les villages alentour pour l'instant. Mais la ville compterait un million de civils, peut-être même plus. Tout le monde craint un déplacement massif de population. Le HCR est prêt à recevoir 150 000 personnes aujourd'hui, pas davantage.

« Quand j'étais en Irak, explique Fillipo Grandi, le principal problème était de trouver assez de lieux pour installer des camps d`accueil si l'on devait faire face à une vague importante de gens en fuite. Il ne faut pas oublier que l'Irak compte déjà trois millions de déplacés. L'autre question est comment la campagne militaire sera conduite. Les Irakiens et les Kurdes ont promis de mener leurs opérations tout en respectant les civils. Tout va dépendre de leur respect des civils. »

Lors de la bataille de Falloujah, l'été dernier, l'aide humanitaire avait été largement insuffisante, laissant sans eau et sans nourriture des milliers de personnes en fuite. L'armée irakienne et la mobilisation populaire ont été accusées de crimes de guerre contre les civils. Des centaines d'hommes sont portés disparus.

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