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Irak/EI

[Reportage] Irak: la vie à Mossoul racontée par des réfugiés au Kurdistan

Le camp de el Khazer, près d'Erbil, accueille des milliers de familles qui ont fui Mossoul depuis le début de l'offensive pour la libération de la ville.
Le camp de el Khazer, près d'Erbil, accueille des milliers de familles qui ont fui Mossoul depuis le début de l'offensive pour la libération de la ville. REUTERS/Zohra Bensemra

Le Kurdistan irakien s'apprête à faire face à une vague de réfugiés sans précédent. Depuis le début de l'offensive pour la libération de Mossoul, des milliers de familles ont déjà fui cette ville contrôlée par le groupe Etat islamique. Les autorités ont ouvert en urgence des camps humanitaires. Celui d'El Khazer près d'Erbil peut accueillir jusqu'à 200 000 déplacés. Reportage auprès des familles tout juste sorties de l'enfer de Mossoul.

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Avec notre envoyé spécial au camp d’El Khazer,  Sami Boukhelifa

Les camions d'aide humanitaire entrent dans le camp d'El Khazer. Rawa*, mère de quatre enfants récupère ses rations alimentaires. Nous la suivons sous sa tente. Il y a deux jours encore elle vivait au sein du califat autoproclamé.

« Le soir, nous avons mis des somnifères dans le diner des enfants. Nous voulions qu'ils s'endorment pour pas qu'ils pleurent durant notre fuite. Nous nous sommes mis en route. Nous étions à quelques mètres à peine de Daech. Et lorsque nous sommes parvenus à passer, c'était une délivrance », raconte Rawa.

Rawa et sa famille ont vécu misérablement à Mossoul. Son mari, ancien policier, a failli être décapité par les jihadistes. Le seul moyen pour sauver sa vie a été de remettre son arme, payer 2000 dollars et accepter de ne plus exercer aucun métier.

Et Rawa poursuit : « Deux mois après l'arrivée de Daech à Mossoul, un jihadiste m'a dit : pourquoi tu ne portes pas de niqab? Je lui ai dit : mon frère, je n'ai pas d'argent pour en acheter un. Il m'a crié : c'est ton problème. »

A côté de Rawa, il y a son frère Abou Mahmoud. Il travaillait dans un hôpital. Durant deux ans, il a été le témoin impuissant des exactions des jihadistes surtout à l'encontre des femmes yézidies. « Les Yézidies étaient leurs esclaves sexuelles, mais ils ne voulaient pas avoir d'enfants avec elles, explique Abou Mahmoud. Alors ils demandaient aux médecins retenues à Mossoul de les rendre stériles. Sous la contrainte, les médecins s'exécutaient. »

Sous leur tente, Abou Mahmoud, Rawa et tous les enfants de la famille disposent d'un confort minimum. Mais ils l'assurent, pour rien au monde ils ne quitteraient le camp de réfugiés pour retourner à Mossoul.

→ A (re) lire : Offensive sur Mossoul: les civils pris entre deux feux

* Les prénoms ont été modifiés pour des raisons de sécurité.


Des paramilitaires progressent en direction de Tal Afar

La coalition internationale a indiqué que les forces irakiennes observaient une « pause » d'environ deux jours dans leur offensive pour reprendre au groupe Etat islamique (EI) la ville de Mossoul. L'objectif est de consolider les gains obtenus durant les douze premiers jours d'opérations, a expliqué un porte-parole militaire de la coalition internationale menée par Washington qui soutient les forces irakiennes dans leur reconquête de la deuxième ville du pays.

Une pause donc, mais pas pour tout le monde. Des paramilitaires chiites irakiens ont lancé, samedi 29 octobre, une opération qui vise à couper le ravitaillement entre Mossoul et Raqa, le fief de l'organisation Etat islamique en Syrie pour resserrer le siège de Mossoul. Il s'agit aussi de libérer la ville de Tal Afar.

Les milices chiites accusées d'exactions

Les unités paramilitaires chiites de la mobilisation populaire soutenues par l'Iran, avaient jusqu'à présent été peu impliquées dans la bataille lancée le 17 octobre par les forces irakiennes pour reprendre Mossoul. La seconde ville d'Irak est une ville majoritairement sunnite et ces derniers ne tiennent absolument pas que des chiites se rendre maitres de la ville.

A plusieurs reprises dans le passé, les milices chiites ont été accusées d'avoir commis des exactions quand elles entraient dans des villes peuplées de sunnites. En revanche, les milices chiites se font fort de reprendre tous les villages alentours majoritairement chiites au nord-ouest du pays.

Alors que les paramilitaires progressent en direction de Tal Afar, les forces fédérales irakiennes ont lancé, elles, un assaut sur Al-Choura, un district au sud de Mossoul depuis quatre fronts. « L’ennemi est en train de s'effondrer et d'abandonner ses positions défensives », annonce un commandant de la police irakienne.

→ A (re) lire : Bataille de Mossoul, enjeux et symboles

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