Accéder au contenu principal
Israël

L'avenir du radiodiffuseur public Kan secoue la classe politique israélienne

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu et Moshe Kahlon, aujourd’hui opposés sur le radiodiffuseur public Kan, le 31 janvier 2016 (AFP)
Le Premier ministre Benyamin Netanyahu et Moshe Kahlon, aujourd’hui opposés sur le radiodiffuseur public Kan, le 31 janvier 2016 (AFP) AFP

L'avenir de l'audiovisuel public israélien secoue l'Etat hébreu en ce moment. Le débat est vif autour du devenir du radiodiffuseur public Kan. Le sujet devrait pourtant être réglé puisqu'il a fait l’objet d’une loi votée en 2014. Mais le lancement du groupe a été plusieurs fois repoussé. Et il pourrait bien ne jamais avoir lieu.

Publicité

De notre correspondant à Jérusalem,

La refonte de l’actuel groupe audiovisuel public, l’office de radio et télé-diffusion, a fait l’objet d’une loi votée en 2014, il y a deux ans seulement. Ce texte, soutenu à l’époque par le Premier ministre Benyamin Netanyahu, prévoyait tout simplement la fermeture du groupe existant et la création d’un nouveau. L’ancien avait été créé par une loi de 1965. Il avait donc près de 50 ans et jouissait d’une assez mauvaise image auprès de l’opinion publique, considéré notamment comme trop coûteux et impossible à réformer tant les réticences internes étaient fortes.

Le groupe Kan créé en 2014

Le nouveau groupe, baptisé Kan, se voulait donc plus économe de l’argent public. Là où l’ancien comptait 2 000 salariés, le nouveau devait, lui, faire travailler 800 à 900 personnes seulement. Il devait aussi moderniser son fonctionnement, ancrer les radios et télévisions dont il a la charge dans l’ère du numérique. Et la loi de 2014 devait aussi garantir son indépendance éditoriale : les responsables politiques n’auraient eu que très peu d’influence dans les nominations des chefs éditoriaux.
Le nouveau groupe est en train d’être mis en place. Des personnels ont été recrutés, certains issus de l’ancien groupe, d’autres venus de l’extérieur. Mais son lancement a pris du retard, et a été repoussé à plusieurs reprises : Kan promet désormais de commencer à émettre le 1er janvier prochain.

Netanyahu ne veut plus de Kan

Mais émettra-t-il véritablement un jour ? C’est là toute la question aujourd’hui. Car Benyamin Netanyahu ne veut plus entendre parler de Kan. Le Premier ministre veut tuer dans l’œuf ce projet qu’il avait pourtant soutenu en 2014. Son entourage rapporte sa crainte que la nouvelle entité soit contrôlée par des journalistes de gauche. Une crainte qui a émergé au cours des derniers mois. Cet été, la ministre de la Culture – de l’aile droite du Likoud, le principal parti au pouvoir - s’était ainsi interrogée sur l’utilité d’un nouveau groupe, « si nous ne le contrôlons pas » a-t-elle dit. Et Benyamin Netanyahu prône désormais un office de radio et télé-diffusion « réhabilité ».

Au sein de la coalition gouvernement, le ministre des Finances menace églament d’opposer son veto à cette nouvelle réforme en s’appuyant sur le fait qu’elle serait trop coûteuse. Elle coûterait près de 100 millions d’euros de plus selon les estimations de ses services.

Mais ce projet a aussi ses opposants parmi les professionnels des médias. Parmi les journalistes tout d’abord qui s’inquiètent d’une volonté affichée de l’exécutif de contrôler des médias publics. « Je ne pourrais plus écrire que Netanyahu n’est pas un Erdogan » a écrit en début de semaine l’un des éditorialistes du journal Haaretz, en référence au président turc accusé de dérive autoritaire.

Kahlon boycotte Netanyahu

Ces derniers jours, Moshe Kahlon a boycotté deux prises de parole de Benyamin Netanyahu sur le sujet, geste de défiance à l’égard du chef du gouvernement. Lundi, s’exprimant devant la Knesset – le Parlement israélien, il n’a pas mâché ses mots : « j’ai le droit de garder le porte-monnaie public. Je n’ai pas l’intention de me rendre » a-t-il affirmé aux députés. Mais gagnera-t-il véritablement cette bataille ? Le chef de la coalition gouvernementale à la Knesset dit espérer trouver un accord avec lui d’ici la fin de la semaine.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.