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Irak

Irak: Amnesty accuse des milices anti-EI d'avoir torturé des civils

Une famille irakienne fuit le village de Kokjali, près de Mossoul, en proie à des combats entre la coalition et le groupe Etat islamique, le 3 novembre 2016.
Une famille irakienne fuit le village de Kokjali, près de Mossoul, en proie à des combats entre la coalition et le groupe Etat islamique, le 3 novembre 2016. REUTERS/Marius Bosch
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Des miliciens irakiens ont « détenu illégalement, humilié publiquement et torturé » des habitants de villages au sud-est de Mossoul, affirme jeudi Amnesty International. Ces localités ont été reprises au groupe Etat islamique (EI) lors de l'offensive sur la deuxième ville d'Irak.

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Des responsables locaux et des témoins ont raconté avoir été frappés avec des barres de fer et avoir reçu des décharges électriques dans « des attaques punitives » menées par des membres de la milice sunnite Sabawi, membre des combattants des Unités de la mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), une coalition de milices à majorité chiite soutenues par l'Iran, selon Amnesty.

Ces faits ont eu lieu à une cinquantaine de kilomètres au sud de Mossoul, dans trois villages de la rive sud-est du Tigre, dont l'un a été repris par les forces irakiennes à l'organisation Etat islamique le 20 octobre, précise Amnesty dans un communiqué. « Il y a des preuves accablantes que des membres de la milice Sabawi ont commis des crimes en vertu du droit international en torturant et en maltraitant des habitants de la région de Qati al Sabaween en représailles des crimes commis par l'EI », affirme Lynn Maalouf, directrice adjointe des enquêtes au bureau régional d'Amnesty International de Beyrouth, appelant à l'organisation de « procès équitables » pour les jihadistes de l'EI soupçonnés d'avoir commis des crimes.

Sur RFI, Nina Walsh, coordonnatrice au sein de l'ONG, dénonce une « culture de l'impunité ». « Il y a des règles à suivre. Jusqu'à présent, le gouvernement irakien ne les a pas vraiment appliquées », estime-t-elle. Elle appelle donc le gouvernement irakien, mais aussi la coalition internationale anti-EI, à réagir.

Vengeance

Nina Walsh, coordonnatrice à Amnesty International

Nina Walsh parle de villageois « exhibés publiquement, enfermés dans des cages, torturés et détenus sans mandat par ces milices sunnites ». Les personnes visées par ces exactions sont en général soupçonnées d'entretenir des liens avec les jihadistes, mais dans certains cas, il s'agit purement et simplement de « vengeance personnelle » ou « d'inimitié de longue date qui n'ont rien à voir avec le conflit », explique la militante des droits de l'homme.

Mi-octobre, Amnesty avait déjà dénoncé la torture, les exécutions et arrestations arbitraires de « milliers » de civils fuyant les zones tenues par le groupe Etat islamique (EI) par les forces de sécurité et les milices irakiennes.

A (RE)LIRE → Offensive sur Mossoul: les civils pris entre deux feux

(Avec AFP)

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