Syrie

Le régime syrien reprend aux rebelles la Vieille ville d’Alep

La Vieille ville d'Alep, ravagée par les bombardements, le 5 mai 2016.
La Vieille ville d'Alep, ravagée par les bombardements, le 5 mai 2016. REUTERS/Abdalrhman Ismail/File Photo

Dans la grande ville du nord de la Syrie, divisée en deux depuis 2012, la bataille s’accélère. L’armée syrienne affirme désormais tenir, avec ses milices alliées, les trois quarts des quartiers rebelles, après une série d’avancées. C’est désormais, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, toute la Vieille ville qui est contrôlée par les forces du régime.

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Avec notre correspondante dans la région, Laure Stephan

A l’image d’Alep, sa Vieille ville était également coupée en deux depuis 2012. A l’est les combattants de l’opposition, à l’ouest l’armée de Bachar el-Assad. Pendant quasiment quatre années, les deux camps se sont affrontés au milieu de bâtiments et de monuments historiques. La nuit dernière marque un tournant. Cette nouvelle avancée décisive pour les forces pro-Assad permet d’élargir la jonction avec l’ouest d’Alep.

Abou el Haythem el Hour, militant de l’opposition à Alep, documente la situation sur le terrain, au micro de RFI : « Il y a une importante avancée des forces du régime. Elles ont pris la Vieille ville d’Alep et le quartier de Chaar. L’aviation et l’artillerie bombardent violemment la ville et même la campagne à l’ouest d’Alep. »

Les rebelles sont désormais cantonnés dans le sud-est d’Alep, et sont sous la puissance de feu de l’armée et des milices qui lui sont alliées.

Déplacements en masse

Ce nouveau revers pour les insurgés fait suite à ceux qui se sont succédé hier : face à l’avancée des troupes pro-Assad, les rebelles se sont retirés du quartier central de Chaar. Le régime tient donc désormais ce vaste faubourg. Les combattants du camp de Bachar el-Assad ont aussi conquis d’autres secteurs voisins. C’est dans la zone de Chaar que se trouvaient plusieurs hôpitaux qui desservaient les habitants restés sur place, avant d’être détruits par les frappes aériennes syriennes et russes.

L’exode des civils se poursuit. L’OSDH affirme que près de 80 000 résidents ont fui l’est d’Alep depuis le lancement de la nouvelle offensive des forces pro-Assad, à la mi-novembre. Un chiffre qui reste à confirmer. S’il est exact, cela signifierait que l’est d’Alep s’est vidé de près d’un tiers de ses habitants, que l’ONU estimait à 250 000.

Hier, Damas a lancé un nouvel ultimatum aux groupes armés de l’opposition, appelant à la reddition. Les rebelles ont appelé mercredi, dans un communiqué, à un cessez-le-feu et à l'évacuation des civils d'Alep.

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