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France / Syrie / Alep

Syrie: la réunion de Paris s'achève sur un constat d'impuissance

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, lors de la réunion de Paris, le 10 décembre 2016.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, lors de la réunion de Paris, le 10 décembre 2016. REUTERS/Benoit Tessier
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Ce samedi, le régime syrien resserrait de plus en plus son étau sur les rebelles assiégés dans la ville d'Alep avec des milliers de civils. Les pays arabes et occidentaux qui soutiennent l'opposition syrienne se sont réunis à Paris. La réunion s'est achevée samedi à Paris avec un sentiment d'impuissance, le secrétaire d'Etat américain John Kerry allant jusqu'à demander à Damas et Moscou de faire preuve de « compassion ». La réunion de Paris a précédé une réunion « technique » américano-russe à Genève.

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Après l'adoption d’une résolution par l’Assemblée générale de l’ONU vendredi 9 décembre pour demander demandant une « cessation complète de toutes les attaques contre des civils » et appelant à la levée des sièges avec un « accès humanitaire rapide, sûr, prolongé, sans entrave et inconditionnel », des discussions militaires et diplomatiques russo-américaines sur Alep sont attendues à Genève, tandis qu'à Paris s'est tenue une réunion de pays arabes et occidentaux à Paris. C'est l’urgence humanitaire qui a dominé la réunion de ce samedi à Paris, à laquelle participaient dix pays soutenant l’opposition syrienne dite modérée, représentée pour sa part par Riad Hijab.

« Le bombardement aveugle par le régime viole le droit international et dans beaucoup de cas (représente) des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre », a martelé à Paris le chef de la diplomatie américaine John Kerry après avoir qualifié le conflit de « pire catastrophe depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Urgence humanitaire

« Nous sommes déterminés à soulager les souffrances d'un peuple confronté depuis plus de cinq années à une guerre barbare, a ainsi déclaré Jean-Marc Ayrault. L'urgence, la priorité, à Alep et dans le reste du pays, c'est l'arrêt des combats, l'arrêt des bombardements et l'acheminement de l'aide humanitaire à toutes les personnes qui en ont besoin. »

Le ministre français des Affaires étrangères a réclamé, à l’issue de cette rencontre, un arrêt des combats et des bombardements et l’ouverture de corridors humanitaires afin de laisser sortir les civils d'Alep et les combattants qui le souhaitent. Un appel vibrant appuyé par John Kerry, pour qui Moscou et Damas doivent donner des garanties aux civils et aux combattants.

Selon le secrétaire d'Etat américain, ces derniers doivent pouvoir accepter de quitter la ville sans avoir la crainte de se faire massacrer. Plus de 20 000 civils auraient quitté Alep-Est depuis le début de la journée de samedi, et 1 200 rebelles ont déposé les armes, rapporte l'agence Interfax, citant le ministère russe de la Défense.

L'opposition syrienne prête à reprendre les «négociations sans conditions»

A Paris, presque aucune mesure concrète n'a été annoncée, car les pays qui soutiennent l’opposition syrienne restent totalement impuissants face à la machine militaire mise en place par le régime syrien et par son allié russe. Les pays arabes et les pays occidentaux qui soutiennent les rebelles n’ont que des mises en garde et des avertissements à opposer.

L'opposition syrienne est « prête à reprendre les négociations » avec le régime « sans pré-conditions », a assuré ce samedi le chef de la diplomatie française. « Il faut définir les conditions d'une vraie transition politique, il faut que des négociations reprennent sur des bases claires dans le cadre de la résolution de l'ONU 2254 » fixant la feuille de route pour le règlement du conflit, qui a fait plus de 300 000 morts.

Mais la réunion s'est achevée sur un sentiment d'impuissance, le secrétaire d'Etat américain John Kerry allant même jusqu'à demander à Damas et Moscou de faire preuve de « compassion ». Cette réunion se tenait avant une réunion « technique » américano-russe à Genève pour tenter de « sauver Alep d'une destruction absolument totale », selon les termes du secrétaire d'Etat américain.

Il reste donc un faible espoir d’aboutir à un cessez-le-feu et à l’ouverture d’un corridor humanitaire. Mais pour cela, il faut se tourner vers Genève, en Suisse, où les discussions tournent autour de trois sujets : cessez-le-feu, aide humanitaire et départ des civils. Si ces tractations échouent, ce sera sans doute la dernière chance de répit humanitaire qui s’évanouira pour les civils bloqués à Alep-Est.

Des militaires américains pour appuyer la coalition arabo-kurde à Raqqa

Parallèlement au théâtre d'intervention russo-syrien à Alep, les Etats-Unis vont déployer 200 hommes supplémentaires sur le conflit à Raqqa. Annonce faite ce samedi par le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter. Un nouveau contingent qui doit aider les forces locales à reprendre la ville au groupe Etat islamique.

Avec ces renforts, ce sont au total 500 soldats américains qui vont officiellement épauler la coalition arabo-kurde des forces démocratiques syriennes. Quelque 300 sont déjà sur place. Ces militaires au sol sont chargés de former les forces locales, de donner des conseils stratégiques, certains sont là aussi pour guider les bombardements de la coalition internationale contre l'Etat islamique, pilotée par les Etats-Unis.

Ces 200 soldats supplémentaires viennent donc renforcer les équipes chargées de chasser l'organisation Etat islamique de Raqqa. La coalition arabo-kurde affirme avoir terminé la première phase de son opération. Elle se trouve maintenant à 25 km de cette ville bastion des jihadistes dans l’est de la Syrie. Parmi ces forces spéciales américaines se trouvent également des experts en explosifs.

Le Pentagone craint en effet que des groupes extrémistes déterminés n’aient recours aux attentats-suicides. Moins diplomatiquement, ces renforts sont aussi déployés pour pallier à « certaines imperfections », a confié Ashton Carter. Pour le chef du Pentagone, « certaines des puissances régionales au Moyen-Orient n’ont pas atteint le potentiel qu’on pourrait espérer », autrement dit, certains alliés (au sein des monarchies du Golfe) ne feraient pas le job.

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