Israël

Les F-35 américains débarquent en Israël, et suscitent quelques interrogations

Le F-35, photographié en mai 2013.
Le F-35, photographié en mai 2013. Daniel Hughes/U.S. Air Force/Handout via Reuters/Files

Les deux premiers chasseurs bombardiers F-35, fabriqués aux Etats-Unis, sont livrés ce lundi 12 décembre 2016 à l'armée de l'air israélienne. Une cérémonie en grande pompe, sur la base de Névatim, dans le sud du pays, en présence du secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter. Le F-35 est le premier avion d'attaque «furtif» livré au Moyen-Orient. Israël compte en acheter une cinquantaine. En dépit de son prix très élevé, et de ses performances jugées décevantes, le F-35 est présenté par les autorités israéliennes comme «la solution» à «la menace» iranienne. Mais les doutes persistent.

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Les Israéliens l'ont baptisé « adir », le « puissant » en hébreux. Le F-35 américain sous l'étoile de David, c'est bien le symbole de la relation de défense privilégiée qu'entretiennent les Etats-Unis et l'Etat hébreux depuis plus de 45 ans.

L'achat des 33 premiers appareils sera d'ailleurs financé grâce à l'aide américaine au terme d'un accord conclu en septembre dernier, portant sur le versement 38 milliards de dollars à Israël sur la période 2019-2028. 

D'un point de vue industriel, Israël est même partenaire du programme depuis son lancement. Le constructeur américain Lockheed Martin indique que six entreprises de défense israéliennes, dont le spécialiste de l'électronique Elbit Systems, sont engagées dans le programme et auraient déjà reçu 778 millions de dollars de commandes.

→ Écouter : Le F-35 va-t-il survivre aux coupes budgétaires nord-américaines ?

Les utilisateurs, eux, s'interrogent. Les F-35 risquent de dévorer les budgets du reste de l'armée israélienne. Contre un mouvement de guérilla comme le Hezbollah ou l'organisation Etat islamique, l'appareil ne sera pas plus efficace qu'un avion plus ancien et moins cher, notent les spécialistes.

Pénétrer les défenses aériennes iraniennes et ses missiles sol-air S-300, cela fait déjà des années que les pilotes israéliens s'y entraînent - même sans avions furtifs. De leurs engagements passés, les pilotes de guerre israéliens ont retenu qu'il vaut mieux disposer de nombreux appareils éprouvés, que d'une poignée d'appareils ultra-modernes.

Quant au président élu américain, il s'est déjà fait son opinion sur la question. Selon lui, cet avion et son coût - il s'agit du plus gros programme militaire de l'histoire des Etats-Unis -, sont « hors de contrôle ». « Des milliards de dollars peuvent et vont être économisés sur des achats militaires (et autres) après le 20 janvier », promet Donald Trump sur Twitter.

→ À relire : En Angleterre, le F-35 effectue ses premiers vols publics en Europe

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