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ONU / Israël

La résolution pour l’arrêt de la colonisation israélienne adoptée par l’ONU

Un chantier à Betar Illit, colonie israélienne en Cisjordanie occupée, le 22 décembre 2016.
Un chantier à Betar Illit, colonie israélienne en Cisjordanie occupée, le 22 décembre 2016. REUTERS/Baz Ratner
Texte par : RFI Suivre
6 mn

L’abstention des Etats-Unis est historique. Dans le passé, Washington a toujours soutenu Israël en opposant son veto à toute résolution du Conseil de sécurité hostile à l’Etat hébreu. La dernière fois que les Etats-Unis n'ont pas refusé de voter une résolution de l'ONU remonte à 2009, lors d'un appel à un cessez-le feu à Gaza. En 2011, lors d’une résolution identique à celle qui vient d'être adoptée par le Conseil de sécurité, condamnant la colonisation des Territoires palestiniens, les Etats-Unis avaient bloqué son adoption en utilisant le droit de veto. Mais, depuis, les relations entre Barack Obama et Benyamin Netanyahu se sont sérieusement détériorées, même si les Etats-Unis n’ont jamais réduit leur assistance militaire à Israël.

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Le président Barack Obama n’a jamais caché sa désapprobation à l’égard des colonies de peuplement qui ont constitué un obstacle majeur à ses efforts pour parvenir à un accord pouvant conduire à la solution des deux Etats.

En laissant adopter la résolution d’aujourd’hui, il envoie un dernier message à Netanyahu pour condamner cette politique, indique notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet. A la veille de quitter le pouvoir, le président américain a également voulu laisser une dernière signature sur ce dossier très sensible.

C’est aussi une façon de compliquer un peu plus la tâche de son successeur Donald Trump. Celui-ci a clairement indiqué sa sympathie pour la droite israélienne. Il y a une semaine, il a nommé David Friedman comme futur ambassadeur américain en Israël, un fervent partisan de la colonisation et qui veut transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Ce déménagement était une promesse de campagne de Donald Trump.

Israël ne respectera pas la décision de l'ONU

L'Etat hébreu n'a pourtant pas ménagé ses efforts pour bloquer ce texte. Quand les Egyptiens ont déposé leur projet de résolution, Netanyahu a d'abord publiquement appelé Barack Obama jeudi matin à mettre son veto via un tweet sur son compte personnel. Mais quand il a compris que l'encore président américain allait s'abstenir, laissant passer ce texte, le Premier ministre israélien a appelé l'équipe de Donald Trump qui a à son tour demandé que les Etats-Unis exercent leur doit de veto, sans plus de succès.

Donald Trump a pesé de tout son poids sur l’administration Obama pour qu’elle s’oppose à la résolution égyptienne. Il s’était entretenu avec le président Abdel Fatah al-Sissi, qui jeudi 22 décembre, avait demandé le report du vote.

Dans un tweet, le président élu a déjà prévenu l’ONU qu’après le 20 janvier, jour de la passation de pouvoirs entre Obama et Trump, les choses allaient changer.

Le président de la Chambre des représentants Paul Ryan a qualifié l’abstention américaine de « honte » pour les Etats-Unis.

L'ambassadeur d'Israël a vivement critiqué ce vote du Conseil de sécurité. Pour certains proches de Benyamin Netanyahu, l'abstention américaine est synonyme d'« abandon » de la part de l'administration Obama.

« Israël rejette cette résolution anti-israélienne honteuse des Nations unies et ne s'y conformera pas », ont vivement réagi dans un communiqué les services du Premier ministre Benyamin Netanyahu.


« Mécompréhension mutuelle » entre Netanyahu et Obama

«Netanyahu et Obama sont arrivés au pouvoir très concomitamment, début 2009. Et immédiatement, cela a été l’hostilité. D’une part, parce que Netanyahu est favorable aux républicains. D’autre part, Obama, lui, venait de la gauche du Parti démocrate et n’entretenait pas une passion pour Israël, pas non plus d’hostilité d’ailleurs. En tout cas, il était relativement indifférent par rapport à un Bush fils par exemple, et son idéologie évangéliste. Donc là, on était très rapidement sur une mécompréhension mutuelle.»

Pour Frédéric Encel, maître de conférences à Sciences Po Paris et auteur de l'Atlas géopolitique d'Israël, l'adoption de cette conférence est symbolique. Il rappelle au micro de RFI les dissensions qui existent entre Netanyahu et Obama.

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