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Syrie

Syrie: Damas, une capitale plus sûre mais en proie aux pénuries [Reportage]

Corvée d'eau sous la neige, Damas, le 28 janvier 2017.
Corvée d'eau sous la neige, Damas, le 28 janvier 2017. REUTERS/Ali Hashisho
Texte par : RFI Suivre
4 mn

De nouvelles tractations doivent s'ouvrir jeudi à Astana avant les pourparlers inter-syriens de Genève la semaine prochaine. Des discussions qui semblent bien lointaines pour les millions de Syriens plongés dans la guerre. Malgré le cessez-le-feu conclu en décembre dernier entre une partie de la rébellion et le régime de Bachar al-Assad, les conditions de vie restent en effet très difficiles en Syrie, dans les zones tenues par les rebelles, mais aussi à Damas. Dans la capitale syrienne la population souffre de pénuries de plus en plus sévères.

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avec notre envoyé spécial à Damas, Daniel Vallot

Une file ininterrompue de véhicules, sur plusieurs centaines de mètres. Et ce sont des soldats qui tentent de réguler la circulation devant cette station-service située en plein centre de Damas. Depuis quelques jours, il est devenu très difficile dans la capitale syrienne, de se procurer de l’essence. « Ça fait une heure et demie que j’attends, nous dit ce retraité, excédé par l’embouteillage monstrueux qui s’est formé devant lui, la moitié des stations-service sont à sec, et je suis obligé d’attendre ici. C’est la faute de la guerre, nous dit-il, et des sanctions qui nous sont infligées… »

Au marché noir, le prix du précieux carburant s’est envolé : entre deux et trois fois le prix normal. Les habitants de Damas ont besoin d’essence pour se déplacer, mais aussi pour les générateurs qui leur servent d’appoint lorsque l’électricité est coupée. « Cela fait trois mois que nous n’avons plus de courant, nous confie ce chauffeur de taxi, qui habite à l’extérieur de la capitale, dans une localité récemment reprise à la rébellion. Pour nous chauffer nous utilisons du bois, et pour le reste un générateur. C’est vraiment difficile… »

Arrivé à la pompe, notre chauffeur de taxi devra se contenter d’une vingtaine de litres – le maximum autorisé par le régime, pour éviter la panne sèche, et la paralysie totale de la capitale.

L’eau manque aussi

Les problèmes d’approvisionnement en eau potable empoisonnent aussi la vie de la capitale. Et cela alors même que le régime a repris la main il y a deux semaines environ sur les sources d’eau qui se trouve à Wadi Barada, à une quinzaine de kilomètres de Damas. Pour l’heure les autorités n’ont pas encore réussi à rétablir un approvisionnement régulier : dans certains quartiers l’eau reste coupée la plupart du temps et il faut attendre parfois trois jours avant qu’elle ne soit rétablie pour quelques heures seulement.

La prise du contrôle des sources de Wadi Barada, près de Damas, n'a pas encore permis de soulager les problèmes d'approvisionnement en eau de la capitale (le 29 janvier 2017)
La prise du contrôle des sources de Wadi Barada, près de Damas, n'a pas encore permis de soulager les problèmes d'approvisionnement en eau de la capitale (le 29 janvier 2017) Sana/Reuters

La capitale sécurisée

Mais si la vie quotidienne à Damas semble chaque jour plus difficile, la situation militaire s'est totalement retournée depuis quelques mois en faveur du régime. C’est tout le paradoxe de la situation actuelle à Damas : les habitants se sentent davantage en sécurité car il n'y a plus de tirs de roquettes ou d'attentats comme auparavant. En revanche, leurs conditions de vie ne cessent d'empirer - et cela alors même que la capitale avait été jusque là relativement épargnée au regard des situations absolument dramatiques vécues ces dernières années dans les zones assiégées.

Les paradoxes d'une capitale dans un pays en guerre, Damas le 28 janvier 2017.
Les paradoxes d'une capitale dans un pays en guerre, Damas le 28 janvier 2017. REUTERS/Ali Hashisho

 

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