Palestine

A Bethléem, un marathon palestinien qui fait polémique

Les participants au marathon palestinien ont été estimés à plusieurs milliers, le 31 mars 2017.
Les participants au marathon palestinien ont été estimés à plusieurs milliers, le 31 mars 2017. REUTERS/Ammar Awad

Courir pour dénoncer l'occupation israélienne et les restrictions de circulation dont sont victimes les Palestiniens. C'était l'objectif du marathon palestinien organisé ce vendredi à Bethléem en Cisjordanie. Pour la cinquième année consécutive, des Palestiniens mais aussi des étrangers ont afflué dans la ville natale du Christ pour cette course au parcours plutôt insolite, longeant le mur de séparation. Selon l'Autorité palestinienne, près de 6000 personnes auraient participé à cette course particulière. Une Autorité palestinienne qui a organisé seule cette nouvelle édition et a évincé l'association à l'origine de l'évènement. Pour certains, il s'agirait d'un nouvel exemple de la mainmise des officiels Palestiniens sur des initiatives indépendantes.

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Avec notre correspondante dans les Territoires,  Marine Vlahovic

Brassards sur la poitrine, tee-shirt aux couleurs palestiniennes sur le dos, des milliers de marathoniens de tous âges et origines courent à l'ombre du mur de séparation. Momem Abu Yacoub reprend son souffle après avoir parcouru dix kilomètres. Et c'est pour lui le moyen de faire un pied de nez sportif aux Israéliens. « Il y a ce mur, et on court à côté, pour leur montrer que nous courons et que nous nous amusons. »

Sourire aux lèvres, Las Forekson acclame les derniers marathoniens. Le Danois participe pour la troisième fois à cette course particulière. « C'est très drôle. » Mais pour lui cette nouvelle édition a un goût amer : « Il y a moins de coureurs, et plus de famille, c'est bien aussi mais ça n'a rien de comparable avec les courses précédentes. »

En cause, l'association Right to Movement (Le droit au déplacement), à l'origine de cet évènement, a été évincée de l'organisation cette année par l'Autorité palestinienne. Pour Etidal Ismail, la directrice de ce marathon nouvelle version, rien n'a pourtant changé : « Quand on a commencé on l'appelait le marathon palestinien, et c'est toujours le marathon palestinien. »

Polémique ou pas, les coureurs repartent sous les applaudissements avec une médaille en bois d'olivier et promettent de revenir l'année prochaine pour ce marathon symbolique.

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