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Qatar: plusieurs pays arabes rompent les liens diplomatiques avec l'émirat

Rupture diplomatique entre certains pays du Conseil de coopération du Golfe. (Photo d'illustration)
Rupture diplomatique entre certains pays du Conseil de coopération du Golfe. (Photo d'illustration) AFP PHOTO/YASSER AL-ZAYYAT

L'Arabie saoudite, l'Egypte, Bahreïn et les Emirats arabes unis ont tour à tour annoncé lundi 5 juin la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de « soutien au terrorisme », y compris al-Qaïda, le groupe Etat islamique et les Frères musulmans.

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Tout semble s’être joué les 20 et 21 mai, lors de la visite en Arabie saoudite de Donald Trump où, devant une cinquantaine de chefs d’État musulmans, le président américain a désigné l’Iran comme l’adversaire absolu et la source de tout terrorisme. Un soutien résolu et sans nuance à la politique défendue par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis qui, avec Bahreïn et l’Egypte, sont sur une ligne dure contre l’Iran chiite, mais également contre les Frères musulmans sunnites. Or, le Qatar a toujours veillé à garder de bonnes relations avec l’Iran et donne l’asile aux militants des Frères musulmans et du Hamas pourchassés chez ses voisins.

Dès le départ de Trump de la région, tout est allé très vite. La presse régionale a publié des propos qu’aurait tenu l’émir du Qatar faisant l’éloge du Hamas et présentant l’Iran comme un facteur de stabilité au Moyen-Orient. Le Qatar dément que l’émir ait tenu ces propos, mais ils reflètent assez largement la position de l’émirat, aux antipodes de celle de ses voisins et alliés du Conseil de coopération du Golfe. Ce qui est sûr, c’est qu’une véritable campagne s’est déclenchée contre le Qatar à partir de là, au point que, quelques heures seulement avant l’annonce de la rupture des relations par le Bahreïn, les Emirats, l’Arabie saoudite et l’Egypte, le Qatar s’apprêtait à expulser des membres du Hamas pour faire baisser la tension.

Le Qatar fait un peu figure de mouton noir.

David Rigoulet-Roze

Pour le Conseil de coopération du Golfe, le club des monarchies de la Péninsule arabique qui a connu bien des tensions internes depuis sa création en 1981, c’est un tournant sans précédent. Reste à voir ce que feront le sultanat d’Oman qui, plus discrètement que le Qatar, a lui aussi toujours maintenu de bons rapports avec l’Iran, et le Koweït qui a tenté ces derniers jours une médiation entre le Qatar  et l’Arabie saoudite. Le message envoyé par Riyad est clair : tous ceux parmi ses voisins qui ne s’alignent pas sur sa position hostile à l’Iran sont désormais considérés comme des ennemis.

Ces mesures sont « injustifiées » et « sans fondement », a réagi le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué. Elles ont un « objectif clair: placer l'Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté » et est « totalement inacceptable », a-t-il encore ajouté.

 


Cette rupture des relations diplomatiques isole le Qatar, indique notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti, non seulement diplomatiquement, mais aussi géographiquement. Le Qatar est une péninsule dont la seule frontière terrestre est avec l’Arabie saoudite. Mais, à plus long terme, c’est la grande base américaine implantée au Qatar qui pourrait être concernée. Les Emirats qui accueillent déjà une base française ne seraient pas mécontents de voir la base américaine déménager chez eux.

On est dans une crise très profonde.

Alain Gresh, journaliste et écrivain, directeur de la revue en ligne «Orient 21»

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