Jérusalem / Territoires palestiniens

Esplanade des Mosquées: la fermeté du gouvernement israélien

Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité israélienne aux abords de la Vieille Ville de Jérusalem, le 21 juillet 2017.
Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité israélienne aux abords de la Vieille Ville de Jérusalem, le 21 juillet 2017. REUTERS/Ammar Awad
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La situation s'envenime en Israël. Les forces de sécurité israéliennes s'opposent à des manifestants palestiniens. Ce vendredi, trois Palestiniens ont été tués, deux à Jérusalem-Est et un autre en Cisjordanie. Plus tard dans la journée, trois Israéliens ont perdu la vie en Cisjordanie occupée dans une colonie au nord-ouest de Ramallah. Près de 500 personnes ont également été blessées. Les manifestants protestent contre la sécurisation controversée de l'un de leurs lieux saints, l'esplanade des Mosquées. Et bien que le mouvement prenne de l’ampleur, le gouvernement israélien a décidé de laisser en place les détecteurs de métaux.

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Avec notre correspondant à Jérusalem,  Michel Paul

Le gouvernement israélien est tombé dans le piège de la violence, proclame-t-on au sein de l’opposition de gauche en Israël. Plusieurs députés critiquent même directement le cabinet de sécurité qui, affirment-ils, « fait passer des considérations politiques au-dessus de la sécurité du pays ».

Les ministres ont opté pour le maintien des portiques détecteurs de métaux contre l’avis de l’armée et du Shin Bet, le service de Sécurité intérieure. Des portiques qui, selon un commentateur, symbolisent la souveraineté israélienne sur ce secteur particulièrement sensible de la Vieille Ville de Jérusalem.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a salué cette décision, la qualifiant de courageuse. A l’aile droite de la coalition gouvernementale, plusieurs voix ont proposé de profiter des circonstances pour changer le statu quo sur l’Esplanade des Mosquées, le Mont du temple pour les juifs, et revoir les modalités de visites et de prières dans ce lieu saint.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu est une fois de plus tiraillé entre les éléments les plus extrémistes de son propre gouvernement et les propositions plus modérées des responsables de la sécurité qui l’accusent d’avoir mal géré la crise actuelle, dont les conséquences, estiment-ils, se feront encore sentir.


Reportage :  Les protestataires promettent de continuer le combat jusqu'au bout

S'il y avait déjà eu quelques tensions avant la prière, c'est après le moment de recueillement que les heurts ont véritablement éclaté, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. Des tirs se sont fait entendre dans plusieurs quartiers palestiniens de Jérusalem : la police affirme avoir répondu à des jets de pierres et de cocktails Molotov. Ces affrontements ont entraîné les premières pertes de vies humaines. Mais ces violences - attendues - n’effraient pas les protestataires.

« C’est mon pays, mon Al Aqsa, notre Aqsa, dit l’un d’eux. Pourquoi devrais-je avoir peur ? (…) On se bat et on est prêt à mourir pour Al Aqsa. »

Une détermination d’autant plus grande chez les manifestants qu’ils se sentent investis d'une mission : il n'y a, à leurs yeux, que la population pour défendre ce troisième lieu saint de l'islam.

« Dans le monde entier, les gens ne sont pas contents, témoigne un autre homme. Mais nous ne sommes pas soutenus par les dirigeants des pays musulmans. Et Mahmoud Abbas, il est comme les autres dirigeants musulmans... Ce n'est pas facile de se sentir seul. »

C'est avec des sanglots dans la voix que cet homme dénonce l'abandon des responsables politiques. Une critique fréquente. Mais les manifestants, eux, promettent de ne pas renoncer. Ils poursuivront la bataille, disent-ils.

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