Liban

Liban: le chef des armées a lancé l’offensive «Aube du jour» contre l’EI

Des soldats libanais à Ras Baalbek, le 17 août 2017.
Des soldats libanais à Ras Baalbek, le 17 août 2017. REUTERS/ Hassan Abdallah

L’armée libanaise a lancé, ce samedi 19 août à l’aube, une vaste offensive contre un maquis jihadiste dans une région à cheval entre le Liban et la Syrie. Une annonce faite par le général Joseph Aoun, chef des armées, alors que depuis plusieurs jours l'armée libanaise progressait sur ce front. Il y a quatre jours, les militaires ont repris une colline stratégique ; l'occasion de montrer à une trentaine de journalistes les avancées réalisées jusqu'ici. Le Hezbollah et l’armée syrienne ont annoncé, au même moment, le lancement d’une attaque de l’autre côté de la frontière. Les combattants du groupe Etat islamique sont pris en tenaille.

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Pour atteindre la colline d’al-Ghanzir, à 4 km de la frontière syrienne, notre convoi d’une dizaine de véhicules s’aventure sur des routes rocailleuses et désertiques, rapporte notre envoyé spécial Nicolas Feldmann, de retour de la région de Ras Baalbek, à la frontière syrienne.

Arrivé au sommet, l’un des officiers détaille la reprise mercredi de ce point stratégique : « Ici, c'était plein de terroristes. Ils étaient entre 100 et 120. A 5 h du matin, l’attaque a débuté. Il y avait certaines caves où les terroristes étaient cachés avec des snipers, des fusils, des obus de mortier. L'artillerie nous a soutenus dans l'offensive. »

Au pied des montagnes, des canons pilonnent depuis plusieurs semaines les positions jihadistes. Un appui nécessaire pour chasser les quelques centaines de combattants encore présents dans ce territoire de 300 km2, à cheval entre le Liban et la Syrie.

« Ce n’est pas une opération conventionnelle du fait de la nature du terrain. Il s'agit de montagnes rocheuses, on ne trouve là-bas que des positions du groupe Etat islamique. C’est difficile, mais ce n'est pas impossible pour l’armée de les affronter », explique Elias Farhat, conseiller militaire.

Un front d'une cinquantaine de kilomètres

Et ce samedi, dans le cadre de l'opération « Aube du jour », l’armée libanaise déploie 5000 hommes face aux jihadistes, sur un front d’une cinquantaine de kilomètres le long de la frontière orientale du pays, face à un millier de combattants, précise notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

L’offensive a commencé par un violent pilonnage à l’artillerie et par des raids menés par des hélicoptères. L’infanterie, embarquée à bord de blindés, s’est ensuite lancé à l’assaut des positions du groupe Etat islamique, sur les sommets des montagnes. Après huit heures de combats, les réguliers libanais ont pris plusieurs collines stratégiques.

Opération jumelle côté syrien

Presque simultanément, le Hezbollah et l’armée syrienne annonçaient le début d’une attaque de l’autre côté de la frontière. Là aussi, les assaillants ont progressé, enlevant aux jihadistes plusieurs positions. Des images vidéos ont montré la reddition d’un groupe de combattants de l’EI.

Une partie de la classe politique libanaise refuse toute coordination militaire avec l’armée syrienne et le Hezbollah. Par conséquent, les militaires libanais ont nié l’existence d’une quelconque synchronisation entre les deux forces, qui combattent un ennemi commun. Mais les experts assurent qu’une offensive de cette ampleur ne peut pas avoir lieu sans un minimum de coordination.

Les combats se poursuivent avec violence des deux côtés de la frontière. Le président de la République, Michel Aoun, lui-même ancien chef de l’armée, s’est rendu samedi matin au ministère de la Défense pour suivre le déroulement des opérations.

→ Écouter sur RFI : Avant l'offensive, près de la frontière syrienne

 

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