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Egypte, torture, Human Rights Watch

L'Egypte bloque le site de Human Rights Watch après un rapport sur la torture

Le président égyptien  Abdel Fattah al-Sissi, au Caire, le 2 mars 2017.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, au Caire, le 2 mars 2017. KHALED DESOUKI / AFP
Texte par : Clotilde Ravel
5 mn

Un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié la semaine dernière a provoqué l'ire des autorités égyptiennes, qui ont décidé de bloquer le site internet de l'ONG internationale. Le rapport de 63 pages indique notamment que les forces de sécurités égyptiennes ont recours de façon « généralisée et systématique » à la torture.

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Le 7 septembre, au lendemain de la publication du rapport de Human Rights Watch intitulé « ‘We Do Unreasonable Things Here’ : Torture and National Security in al-Sisi’s Egypt » (« Nous ne sommes pas raisonnables ici : Torture et sécurité nationale dans l’Égypte d’al-Sissi »), le site de l'ONG a été bloqué en Egypte.

 

Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch a déclaré sur Twitter : « L'Egypte est si inquiète à l'idée que ses citoyens lisent le rapport de HRW sur la torture qu'elle a bloqué le site. »

Des actes de barbarie qui pourraient constituer un «crime contre l’humanité»

Electrocution des parties génitales, isolement, coups, insultes, viols ou menace de viols… Dix-neuf anciens détenus ont été interrogés par Human Rights Watch pour témoigner des actes de barbarie dont se rend coupable le gouvernement d’Adbel Fattah al-Sissi, et qui pourraient constituer un « crime contre l’humanité » selon le responsable de HRW au Moyen-Orient, Ahmed Benchemsi.

De son côté, le service de communication de l'Etat a organisé une conférence de presse pour rejeter ces accusations. Le ministère des Affaires étrangères égyptien dénonce un rapport « basé sur des témoignages non documentés » et accuse l'ONG internationale de diffamation et de manipulation.

Censures à la chaîne

Outre celui de HRW, plusieurs sites internet sont inaccessibles en Egypte. Ahmed Benchemsi, a réagi à cette censure au micro de Murielle Paradon.

Nous déplorons qu'ils aient bloqué notre site web, même si ça ne nous étonne pas vraiment. Le gouvernement égyptien a déjà bloqué plus de 124 sites d'information, et le nôtre s'ajoute à cette longue liste.

HRW déplore le blocage de son site web

Najia Bounaim, directrice des campagnes d'Amnesty International pour l'Afrique du Nord a également dénoncé une « censure numérique » de grande importance

« Ces derniers mois, une vague de censure numérique a déferlé et les autorités égyptiennes ont coupé l'accès à des dizaines de sites Web d'actualités ; il semble désormais que ce soit au tour des ONG de défense des droits humains d’être dans le collimateur. Le mois dernier, l'accès au Réseau arabe pour l'information sur les droits humains, un des plus anciens sites d'ONG en Égypte, a également été bloqué. »

HRW rappelle également dans son rapport que l’Egypte, accusée de museler la liberté d'expression et toute forme d'opposition, est le seul pays à faire l’objet de deux enquêtes par le Comité des Nations unies contre la torture.

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