Accéder au contenu principal
Irak / Kurdes

Kurdistan irakien: Barzani confirme la tenue du référendum sur l’indépendance

«Nous allons au référendum» a confirmé, dimanche 24 septembre, Massoud Barzani, président du gouvernement régional du Kurdistan lors d'une conférence de presse près d'Erbil.
«Nous allons au référendum» a confirmé, dimanche 24 septembre, Massoud Barzani, président du gouvernement régional du Kurdistan lors d'une conférence de presse près d'Erbil. REUTERS/Azad Lashkari
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le président kurde a confirmé la tenue du référendum sur l’indépendance de la région lundi 25 septembre. Il l’a dit ce dimanche soir lors d’une longue conférence de presse dans son fief de Pirmam, près d’Erbil. Malgré les rumeurs de divisions au sein des partis kurdes, malgré les pressions de Bagdad et de la communauté internationale pour faire annuler le scrutin, Massoud Barzani a tenu bon.

Publicité

Avec notre envoyée spéciale à Pirman,  Murielle Paradon

« N’essayez pas de briser la détermination du peuple kurde, vous échouerez. » C’est le message du président Massoud Barzani à la communauté internationale. Les Kurdes ont trop longtemps attendu, ils ont gagné leur droit à l’indépendance, ils ont trop souffert sous le régime irakien.

La rupture est donc consommée, mais le dialogue reste ouvert. Massoud Barzani promet qu’au lendemain du référendum, l’indépendance ne sera pas déclarée. Des négociations avec Bagdad vont s’ouvrir, pendant 2 ou 3 ans, pour définir notamment les frontières du futur Etat kurde.

Massoud Barzani se veut également rassurant vis-à-vis de la communauté internationale : la coopération entre les forces irakiennes et kurdes dans la lutte contre l’organisation Etat islamique va continuer. C’est l’une des principales inquiétudes des pays occidentaux qui sont tous opposés au référendum.

Quant aux risques d’isolement de la part de ces pays comme des voisins turc ou iranien, le président kurde se montre confiant. Selon lui, la communauté internationale va revenir à un certain réalisme et finir par soutenir le nouveau Kurdistan.

De son côté, le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi, condamne un scrutin qu’il juge « contraire à la Constitution et à la paix civile ». C’est dans ce contexte tendu que les Kurdes doivent voter. Majoritairement pour l’indépendance, ils sont divisés sur l’opportunité d’organiser le référendum maintenant. L’économie de la région est mauvaise. Les menaces de sanctions de certains pays comme la Turquie font peur. D’autres craignent des violences, notamment dans les zones disputées entre le Kurdistan et Bagdad. Comme à Kirkouk où certains brandissent déjà le spectre d’une nouvelle guerre civile.

A écouter aussi : Kurdistan irakien, référendum à haut risque? (Géopolitique, le débat)


Barzani: «le référendum n'est pas là pour dessiner les frontières du Kurdistan»

Le président kurde a confirmé la tenue du référendum sur l'indépendance de la région lundi, lors d'une longue conférence de presse dans son fief de Pirmam, près d'Erbil : « Le référendum est la première étape de ce que le peuple kurde va décider pour son avenir. Et après, un long processus va se mettre en place. Je voudrais redire ici que le référendum n'est pas là pour dessiner les frontières du Kurdistan. Ce référendum n'est pas là pour imposer notre volonté sur une quelconque région. Après le référendum, nous nous tenons prêts à commencer un long processus de dialogue avec Bagdad et nous sommes prêts à y passer le temps qu'il faudra, un an, deux ans et si nous voyons que nous avons un dialogue constructif avec Bagdad, nous pouvons y passer plus de temps. Et ceci pour sécuriser les relations de bon voisinage entre le Kurdistan et Bagdad mais je voudrai souligner que nous n'allons pas retourner en arrière dans notre relation antérieure qui a été un échec. »


Reportage : les électeurs partagés sur l’opportunité du vote

Avec nos envoyés spéciaux à Erbil et Kirkouk,  Murielle Paradon et Richard Riffonneau

« Ce vote est l’occasion unique de définir nos frontières puisque jusqu’à présent nous n’avons pas de frontières, raconte un homme. Nous sommes répartis, nous les Kurdes, entre quatre pays Irak, Iran, Syrie, Turquie. Nous n’avons toujours pas de pays et le gouvernement de Bagdad s’est montré très dur avec nous. Depuis 1991 nous nous battons pour notre liberté et elle n’est toujours pas effective. C’est l’occasion maintenant, nous voulons un pays. »

« Plein de gens n’iront pas voter car ils ne croient pas que ce referendum améliore les choses. Ce n’est pas le bon moment. Il y a toujours des ennemis aux frontières, la situation n’est pas stable, et le gouvernement kurde ne bénéficie pas d’une bonne économie. Si nous devons bâtir un pays, nous ne pourrons pas tout assumer », raconte un autre Kurde.

« Je voterai non, bien sûr. Car ce n’est pas le bon moment, confie un autre. Les gens ne vivent pas bien. Il n’y a pas de travail et pas de soutien international. Tous les Kurdes souhaitent l’indépendance mais pas maintenant. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.