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Kurdistan

Forte participation au référendum du Kurdistan irakien

Partisans du «oui» à l'indépendance du Kurdistan dans les rues d'Erbil, en Irak, le 25 septembre 2017.
Partisans du «oui» à l'indépendance du Kurdistan dans les rues d'Erbil, en Irak, le 25 septembre 2017. REUTERS/Ahmed Jadallah
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les dés sont jetés au Kurdistan irakien. Toute la journée, les habitants de la région autonome ont défilé dans les bureaux de vote afin de se prononcer pour ou contre l’indépendance. Si beaucoup de votants exprimaient leur joie de voter pour l'indépendance, il ne faut pas non plus en conclure que tous les habitants de la région soutiennent ce processus.

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A Erbil la journée à été calme, ni explosion de joie, ni démonstration de violence. Chacun est allé voter calmement. Les résultats ne sont toujours pas connus, la commission électorale a affirmé qu’il y avait eu 76% de participation. Un chiffre à analyser avec précaution puisque beaucoup l’ont affirmé, pour voter il suffisait d’être présent.

En effet, un Kurde de Syrie avec qui notre correspondante à Erbil, Oriane Verdier, a discuté, a pu voter dans la région du Kurdistan d’Irak alors qu’il ne dispose même pas d’une carte d’identité kurde irakienne.

Les conditions de vote n’étaient donc pas claires. Au-delà du simple processus d’accès aux bureaux de vote, d’autres indices indiquent que ce référendum pourrait ne pas être entièrement représentatif.

Certains habitants de Kirkouk affirmaient vouloir voter « non », mais ne pas s’être rendus aux urnes par peur de représailles des forces pro-gouvernementales.

Dépouillement des bulltetins de vote au référendum dans un bureau de vote d'Erbil, le 25 septembre 2017.
Dépouillement des bulltetins de vote au référendum dans un bureau de vote d'Erbil, le 25 septembre 2017. REUTERS/Ahmed Jadallah


► On a moins voté à Kirkouk

Avec nos envoyés spéciaux au Kurdistan irakienMurielle Paradon et Richard Riffonneau

Les opérations de vote se sont déroulées globalement dans le calme et la ferveur. Beaucoup de Kurdes ont revêtu leurs habits traditionnels pour voter en faveur de leur indépendance, eux qui ne bénéficient pour l’instant que d’une autonomie. C’est un jour historique pour eux, ils attendent ce moment depuis longtemps. Ils ne veulent plus être assujettis au régime de Bagdad.

Si beaucoup d’électeurs ont voté à Erbil, à Kirkouk en revanche, c’était moins le cas. Kirkouk, ville disputée entre le Kurdistan et le pouvoir central de Bagdad, ville où cohabitent plusieurs communautés. Par crainte de violences, certains ne se sont pas déplacés.

Des familles ont tout de même circulé bruyamment dans la ville, en brandissant des drapeaux kurdes au milieu des forces de sécurités kurdes, omniprésentes. Dans un quartier où cohabitent Kurdes, Arabes et Turkmènes, RFI a rencontré Asso, un commandant des peshmergas, qui porte son arme sur lui, et se dit prêt à répondre en cas d’attaque de Bagdad : « Depuis qu’on existe, on se sacrifie. On est prêt encore pour le sacrifice. On ne considère aucune communauté d’Irak comme notre ennemi. Mais si on nous menace on se défendra. »

Les menaces peuvent revêtir d’autres formes. Shahlla Abdullah est directrice d’école à Kirkouk. Elle est employée par le gouvernement de Bagdad : « En tant que fonctionnaire de Bagdad, on a reçu des menaces du gouvernement irakien. Si on allait voter on serait viré et on perdrait notre salaire. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, voter c’était le plus important. »

Dans la journée, le Parlement irakien a voté une résolution demandant l’envoi de troupes dans les zones disputées comme Kirkouk. Ce lundi soir, un couvre-feu a été décrété dans certains quartiers. Bref, une atmosphère tendue pour ce référendum voulu par le président kurde, mais contesté par Bagdad et le reste de la communauté internationale.

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