Syrie

Raqqa, Al-Mayadeen: la journée noire des combattants de l'EI en Syrie

De la fumée s'élève de la ville de Raqqa, après une frappe de la coalition, le 12 octobre 2017.
De la fumée s'élève de la ville de Raqqa, après une frappe de la coalition, le 12 octobre 2017. REUTERS/Erik De Castro

Les derniers jihadistes du groupe Etat islamique encore retranchés dans leur capitale autoproclamée Raqqa ont accepté de quitter la ville. Plus au sud, les combattants de l’EI ont perdu un de leurs derniers fiefs, al-Mayadeen, repris par l’armée syrienne.

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L’accord d’évacuation de Raqqa a été négocié par l’intermédiaire de chefs tribaux de la région, mandatés par la coalition arabo-kurde soutenue par Washington. Ses contours ne sont pas très clairs. Il prévoit, au final, le retrait de quelque 400 jihadistes encore retranchés dans un petit réduit au centre-ville. L’évacuation des combattants syriens de l’organisation Etat islamique a commencé samedi, à bord de bus arrivés dans la nuit de vendredi à samedi, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Le sort des combattants étrangers reste quant à lui incertain. La coalition internationale a déclaré dans un communiqué que l’accord exclut « apparemment » les jihadistes étrangers. Mais ce samedi soir, un haut responsable du haut responsable du Conseil civil de Raqqa a indiqué à l'AFP que les combattants étrangers en faisaient partie.

Al-Mayadeen, un coup dur pour le groupe EI

L’autre mauvaise nouvelle pour le groupe Etat islamique est venue de la ville de al-Mayadeen, reprise samedi par l’armée syrienne et ses alliés à l’issue d’une offensive appuyée par l’aviation russe. Acculés à l’Euphrate, les jihadistes ont fui en traversant le fleuve en rangs dispersés, alors que de nombreux autres ont été tués, selon un communiqué militaire syrien. La perte de al-Mayadeen est un coup dur pour l'organisation jihadiste. La ville était défendue par un millier de combattants du Caucase et des républiques d’Asie centrale, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Le groupe Etat islamique ne tient qu’une seule ville importante en Syrie, Boukamal, avec son prolongement vers les villes irakiennes d'Al-Qaïm et de Rawa. Un territoire estimé à 20 000 kilomètres carrés. La lutte contre les combattants jihadistes s'annonce rude. « Ce sera extrêmement difficile parce que les tribus vont leur offrir protection. Parce qu'elles ont été intégrées dans le commandement de l'EI, elles ont participé à la révolte contre l'Etat syrien et l'Etat irakien », rappelle Fabrice Balanche, chercheur au Washington Institute. Ainsi, les combattants anti-jihadistes ne vont pas seulement devoir faire face à une organisation qui s'est imposée à la population, mais à une population qui a largement soutenu le groupe Etat islamique, analyse le chercheur.

→ (RE)LIRE : La stratégie du groupe EI: se replier vers le désert

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