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Syrie

Syrie: les Kurdes, pris sous l'offensive turque, n'iront pas à Sotchi

Les milices de l'Armée syrienne libre soutenus par la Turquie mitraillent la région de Barsayaau nord-est d'Afrin, sous contrôle kurde, le 28 janvier 2018.
Les milices de l'Armée syrienne libre soutenus par la Turquie mitraillent la région de Barsayaau nord-est d'Afrin, sous contrôle kurde, le 28 janvier 2018. REUTERS/Khalil Ashawi
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La conférence de Sotchi sur la paix en Syrie prévue pour ce mardi 30 janvier s'annonce mal. Alors que l'opposition syrienne avait déjà annoncé qu'elle la boycottait, ce dimanche matin, ce sont les Kurdes qui jettent l'éponge. Ils mettent en avant l'offensive turque en cours sur l'enclave d'Afrin. Une opération militaire qui se poursuit et prend de l'ampleur.

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« Nous avions dit auparavant que si cette situation persistait à Afrin nous ne pourrions pas être présents à Sotchi », a déclaré à l'AFP une responsable des autorités kurdes. La réunion de Sotchi, annoncée pour le 30 janvier, devait réunir des représentants du gouvernement et des rebelles syriens, à l'initiative de Moscou et Téhéran, alliés du régime de Damas, et d'Ankara, soutien des rebelles.

C'est que ce dimanche, à la faveur du temps clair, la Turquie a repris de plus belle ses bombardements pour tenter de briser les lignes des milices kurdes syriennes de l'YPG, alliée des Etats-Unis, qui ont été sommés samedi par Ankara de se retirer de Minbej, ville du nord de la Syrie. L'aviation et l'artillerie turques ont pilonné dans la matinée la colline de Barsaya, dans la région d'Afrin, contrôlée par les Kurdes syriens considérés par Ankara comme des terroristes.

Qui arrêtera Recep Tayyip Erdogan ?

Le président turc a lancé, le 19 janvier, une opération militaire à sa frontière avec la Syrie. Selon Jean Marcou, face à une absence de réactions internationales, la Turquie compte étendre son opération militaire en Syrie. « Erdogan est en train finalement de prendre confiance et de développer une opération qui, au départ, paraissait être une opération plutôt transfrontalière, et qui, au fur et à mesure qu’elle se développe – du fait - je dirais - de cette configuration diplomatique c’est-à-dire d’une absence d’opposition véritable des autres pays qui comptent dans la région – Erdogan est en train de faire un petit peu, maintenant,  des plans sur la comète qui dépassent très largement la zone d’Afrin », explique à RFI le directeur du Master Méditerranée/Moyen-Orient à Sciences Po Grenoble.

Mais selon Jean Marcou, le président turc profite aussi de l'inertie des grandes puissances. La Russie, par exemple, semble s'accommoder de cette nouvelle situation. « Stratégiquement, on voit bien que la situation actuelle profite à la Russie puisque cette opération va permettre d’affaiblir les Kurdes dans la perspective de rétablir le régime de Bachar el-Assad. D’un autre côté, finalement, comme elle n’a pas donné son approbation à cette intervention, elle pourra le moment venu reprendre ses distances. »

L'enseignant-chercheur à Sciences Po s'interroge aussi sur le positionnement des Etats-Unis, dont le silence s'éternise : « On se demande à quel jeu jouent les Américains et s’ils ont véritablement une stratégie définie ou s’ils ne réagissent pas au coup par coup comme on les a vus faire à de nombreuses reprises au Proche Orient ces dernières mois. »

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