France / Iran

Jean-Yves Le Drian en Iran à la rescousse de l'accord sur le nucléaire

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à l'Assemblée nationale le 20 février 2018.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à l'Assemblée nationale le 20 février 2018. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est arrivé ce dimanche soir à Téhéran. Il doit tenter de convaincre les Iraniens de donner des gages sur leur programme balistique, afin de sauver l'accord nucléaire menacé par l'ultimatum du président américain Donald Trump.

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Sauver la population civile de la Ghouta orientale de l'emprise militaire du régime syrien, avec l'aide de l'Iran, vient s'ajouter aux autres objectifs de la visite à Téhéran de Jean-Yves Le Drian. Ce dimanche, le président français Emmanuel Macron a appelé son homologue iranien Hassan Rohani pour jouer de son influence auprès du régime syrien.

Le ministre français des Affaires étrangères avait déjà fort à faire, pour obtenir plus de modération de l'Iran dans son positionnement régional mais aussi son programme balistique.

Paris perçoit de plus en plus comme « hégémonique » l'attitude  de Téhéran dans la région. Si l'Iran n'accepte pas de modérer ses ambitions concernant le développement de missiles balistiques capables de porter des charges nucléaires, l'accord nucléaire iranien établi en 2015 risque d'être rejeté par le président américain Donald Trump.

Ce dernier, apparemment très influencé par Israël, a donné aux Européens jusqu’au 12 mai pour remédier aux « terribles lacunes » de l’accord : soit ils obtiennent de l'Iran des garde-fous supplémentaires, notamment concernant son programme balistique, soit les Etats-Unis sortiront de l'accord et réintroduiront des sanctions contre Téhéran.

Jean-Yves Le Drian sera reçu par le président Rohani et par son homologue Mohammad Javad Zarif. Il rencontrera aussi le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, l'amiral Ali Shamkhani, proche du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

La mission s’avère donc délicate pour Jean-Yves Le Drian, qui défend l'accord nucléaire iranien, car, comme on tient à souligner à Paris, c'est un accord solide, qui fonctionne, et les Iraniens le respectent. Mais le ministre français des Affaires étrangères, qui n'entend pas se poser en « émissaire de Donald Trump », ne veut pas non plus devenir « l'avocat des Iraniens ».

Pour en savoir plus 

La France a le mérite de chercher des solutions. En revanche la solution en Iran se trouve entre les ultras conservateurs et le camp des modérés mené par le président Rohani. Lequel des deux camps l'emportera ? Nul n'est capable de donner une réponse satisfaisante pour le moment. Il faudra donc encore de longues tractations pour résoudre ces difficultés...

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