Israël / Territoires Palestiniens

«Marche du retour»: les Palestiniens enterrent leurs morts

Une famille palestinienne pleure la mort d'un de ses membres tués le 30 mars 2018 par des soldats israéliens près de la barrière frontalière qui sépare la bande de Gaza d'Israël, dans le cadre de «la grande marche du retour».
Une famille palestinienne pleure la mort d'un de ses membres tués le 30 mars 2018 par des soldats israéliens près de la barrière frontalière qui sépare la bande de Gaza d'Israël, dans le cadre de «la grande marche du retour». REUTERS/Suhaib Salem
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La diplomatie européenne réclame une enquête indépendante sur les morts de Gaza. Federica Mogherini, la représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, veut que toute la lumière soit faite sur les tirs à balles réelles de l'armée israélienne qui ont fait 16 morts et plus d'un millier de blessés du côté des manifestants palestiniens. Ce vendredi était le point de départ d'une «grande marche du retour», six semaines durant lesquelles les Palestiniens entendent réclamer le droit d'accès aux terres quittées au moment de la création de l'Etat d'Israël en 1948. L'Autorité palestinienne avait décrété une journée de deuil nationale aujourd'hui alors que les Gazaouis enterrent leurs morts.

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Avec notre envoyée spéciale à Gaza, Marine Vlahovic

Ils étaient des milliers aux quatre coins de la bande de Gaza à assister ce samedi 31 mars aux funérailles des Palestiniens tués vendredi 30 mars par des soldats israéliens lors du premier rassemblement de la « marche du retour ». Lors de ces cortèges funéraires, les Gazaouis ont laissé exploser leur colère et leur incompréhension en dénonçant un usage excessif de la force par l’armée.

Cet usage de la force a sans doute dissuadé les manifestants de revenir en masse à la frontière : ils n’étaient que quelques centaines cet après-midi à s’aventurer le long de la ligne de séparation, qui est toujours protégée par des tireurs d’élite de l’armée israélienne et qui est désormais le principal point de tension entre Israël et le Hamas.

Ce mouvement de la « marche du retour » est prévu pour durer six semaines, soit jusqu’au 15 mai, date qui marque pour les Palestiniens la Nakba, « la catastrophe » en arabe, c’est-à-dire la création de l’État d’Israël, il y a 70 ans. L’événement a poussé des milliers d’entre eux sur les routes de l'exil.

Face à «l'horizon bouché», «plutôt mourir»

Sur sa tente, des drapeaux palestiniens flottent au vent. Aïda s'est installée à Malaka, l'un des cinq campements de la marche du retour dans la bande de Gaza, et elle se trouve à quelques centaines de mètres seulement des tireurs d'élite déployés par l'armée. « Je n'ai pas peur, je n'ai pas peur, parce que c'est mon droit, ce droit au retour. Ce qui a été pris par la force doit être repris par la force. »

La mère de famille restera encore ici quelques semaines malgré les violences. Qui ont dissuadé les manifestants de se rassembler. Aux abords de la frontière, ils ne sont plus que quelques centaines, dont Youssef, venu pleurer la mort d'un de ses amis, touché par une balle israélienne alors qu'il s'approchait de la ligne de séparation. « A Gaza, notre horizon est bouché. Les jeunes ici n'ont pas d'avenir, il n'a pas de travail. Je suis diplômé de l'université depuis un an. Qu'est-ce que je fais depuis ? Rien. Donc je pense qu'il vaut mieux venir ici pour mourir plutôt que de rester chez soi à ne rien faire. »

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