Syrie

Frappes sur la base T-4 en Syrie: les regards se tournent vers Israël

Un chasseur F-15 de l’aviation israélienne au décollage (image d'illustration).
Un chasseur F-15 de l’aviation israélienne au décollage (image d'illustration). AFP/JACK GUEZ

La Russie et le régime syrien accusent Israël d'avoir mené les frappes qui ont touché une base aérienne syrienne cette nuit dans le centre de la Syrie. Selon le ministère russe de la Défense, deux avions de chasse israéliens ont tiré huit missiles sur la base. Cinq de ces missiles ont été abattus, précise Moscou. Du côté des autorités israéliennes, c'est le silence. Mais après les démentis français et américain, c'est bien vers ce pays que se tournent les regards.

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Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Depuis ce matin, l'armée israélienne n'a fait aucun commentaire. Ni en début de matinée, ni après les accusations russes et syriennes. « Nous étudions la question » a simplement répondu à RFI le parte-parole de l'armée. Mais cette base T-4 a déjà été la cible de deux opérations israéliennes.

La dernière, au mois de février 2018, était en représaille à l'introduction d'un drone iranien dans l'espace aérien israélien. La première le fut au mois de mars 2017. A la suite de ces frappes, la défense aérienne israélienne avait alors intercepté des missiles syriens tirés contre  des avions israéliens.

Israël mène également régulièrement des opérations en Syrie. Son aviation a déjà bombardé à plusieurs reprises des convois ou des lieux de stockage d'armes. Des opérations qu'à chaque fois, l'armée refuse de commenter: ni confirmation, ni infirmation. Jusqu'à présent, Israël maintenait surtout un rôle d'observateur dans le conflit syrien. Son armée n'intervenait que lorsque les intérêts stratégiques du pays étaient menacés. Les opérations menées visaient à empêcher un renforcement du Hezbollah libanais ou de l'Iran aux frontières nord d'Israël. Le pays ne cherchait pas à peser directement sur le cours du conflit.

Pourquoi Israël pourrait avoir changé de stratégie ?

Après les soupçons d'une nouvelle attaque chimique menée par les troupes de Bachar el Assad, plusieurs voix se sont élevées ce dimanche en Israël pour réclamer une intervention israélienne. Israël a un devoir moral de réagir, a ainsi estimé le grand rabbin sépharade Yitzhak Yossef. « ce qui se passe en Syrie est un génocide de femmes et d'enfants dans sa forme la plus cruelle, avec l'utilisation d'armes de destruction massive » a t-il jugé, en poursuivant, « en tant que juifs, qui avons subi l'expérience du génocide, il est de notre obligation d'essayer d'arrêter ces meurtres ».

D'autres voix justifiaient aussi cette intervention par la défense d'intérêts stratégiques du pays. Ces analystes pointent qu'Israël est désormais laissé à lui-même. Donald Trump a annoncé un prochain retrait des Etats-Unis de Syrie et les Russes écoutent, certes, les Israéliens mais restent alliés de Damas. La conséquence est qu'Israël « devra agir contre ce qu'il définit comme franchir les lignes rouges qu'il a dessinées » écrivait ainsi ce matin Yoav Limor dans le quotidien Israël Hayom, un journal proche du Premier ministre Benyamin Netanyahu.

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