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ONU/Syrie

Attaque chimique en Syrie: à l’ONU, le ton monte entre Russes et Occidentaux

Dans un hôpital le 7 avril à Douma, après l'attaque chimique.
Dans un hôpital le 7 avril à Douma, après l'attaque chimique. White Helmets/Handout via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le Conseil de sécurité était réuni en urgence à New York lundi 9 avril suite à l’attaque chimique à Douma dans la banlieue de Damas samedi soir. Une cinquantaine de civils syriens ont été tués et l'on dénombre plusieurs centaines de blessés. Le régime syrien est-il derrière cette attaque ? Oui, ont répondu la France et les Etats-Unis, qui ont laissé planer lors de cette réunion publique la possibilité de frappes punitives.

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Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

Le ton est encore monté d’un cran entre la Russie et les Occidentaux.

La France s’est montrée particulièrement offensive, accusant nommément la Russie et l’Iran d’avoir permis au régime syrien de mener de nouvelles attaques chimiques. L’ambassadeur français François Delattre accuse directement les alliés du régime syrien d’avoir permis cette attaque chimique : « L’appui militaire russe et iranien est présent sur le terrain et à tous les échelons de l’appareil de guerre syrien, et aucun avion syrien ne décolle sans que l’allié russe en soit informé. Ces attaques sont donc intervenues soit avec l’accord tacite ou explicite de la Russie, soit malgré elle et en dépit de sa présence militaire. »

François Delattre a également assuré que la France tiendra ses engagements et sa parole, sans plus d’explication… Washington et Paris en tous les cas ont montré un front très uni dont le but affiché était de prouver que toutes les actions diplomatiques avaient échoué et qu’il ne restait donc plus que le recours à la force.

Le volontarisme américain

L'ambassadrice des Etats-Unis au Conseil de sécurité, Nikki Haley, s'est, elle, montrée plus explicite. La diplomate a laissé peu de doutes sur les intentions réelles de Washington. Lors de la réunion publique lundi, elle a clairement dit que justice devait être faite et que les Américains étaient décidés à agir. « L’histoire se souviendra de ce jour comme de celui où le Conseil s’est acquitté de son devoir ou au contraire comme le jour où il a démontré son échec total. Quoi qu’il en soit, les Etats-Unis vont réagir. »

Mais pour ce faire, ils ont besoin de le justifier vis-à-vis de l’opinion publique américaine. Nikki Haley a donc fait circuler aux autres membres du Conseil de sécurité un projet de résolution qui propose la création d’un nouveau mécanisme d’enquête indépendant et impartial sur l’usage d’armes chimiques en Syrie.

Ce n'est pas la première fois qu’un tel mécanisme est proposé et à chaque fois les Russes y ont mis leur veto. Il y a donc peu de chances que les choses en aillent autrement lors de ce nouveau vote réclamé par Washington. Un veto russe pourrait justifier selon les Américains de nouvelles frappes punitives comme cela s’était passé il y a presque un an jour pour jour à Khan Sheikhoun.

L'ambassadeur russe demande une inspection de l'OIAC

Des frappes pourraient avoir de graves répercussions, a immédiatement réagi l’ambassadeur russe. « Par les canaux appropriés, nous avons déjà fait savoir aux Etats-Unis que le recours à la force armée sous un prétexte fallacieux en Syrie - pays dans lequel, à la demande du gouvernement légitime, les troupes russes ont été déployées - un tel recours pourrait avoir de graves répercussions, prévient l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia. Nous exhortons les dirigeants occidentaux à cesser leur rhétorique belliciste afin d’envisager sérieusement les conséquences auxquelles pourraient mener ces menaces sur la sécurité mondiale. »

L'ambassadeur russe qui a démenti toute attaque chimique et demandé à ce qu’une mission de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) se rende en Syrie dans les 24 heures pour pouvoir le prouver.

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