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Iran

Iran: Rohani critique le comportement de la police des mœurs après un incident

Une femme iranienne portant le voile, à Téhéran, le 7 février 2018.
Une femme iranienne portant le voile, à Téhéran, le 7 février 2018. ATTA KENARE / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le président iranien a réagi après la diffusion d'une vidéo sur les réseaux sociaux, où la police des mœurs semble violenter une jeune femme pour non-respect du code vestimentaire. Hassan Rohani, qui appartient au camp modéré, tente ainsi à nouveau de marquer sa différence avec les conservateurs.

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« Certains disent que la façon de promouvoir la vertu et d'interdire le vice est (...) d'aller dans la rue et d'attraper les gens par le cou », a déclaré le président Rohani dans un discours devant de hauts responsables diffusé par la télévision publique, avant d’ajouter : « La promotion de la vertu ne marchera pas en utilisant la violence ».

Une vidéo diffusée jeudi sur les réseaux sociaux montre une membre de la police des mœurs violenter une jeune femme dans un parc de Téhéran.

La réaction de la policière pourrait avoir été motivée par le fait que des mèches de cheveux dépassaient du voile - dont le port est obligatoire dans les lieux publics - et que la jeune femme l'ait insultée.

Le ministre iranien de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli, a ordonné l'ouverture d'une enquête. La loi en vigueur en Iran depuis la Révolution islamique de 1979 impose aux femmes de sortir la tête voilée et le corps couvert d'un vêtement ample plus ou moins long.

Le zèle de la police des mœurs à faire respecter cette loi a nettement diminué depuis l'élection en 2013 de Hassan Rohani, et un nombre croissant de Téhéranaises prennent des libertés en laissant apparaître nettement leur chevelure.

Rohani, un rôle de transition

Selon Milad Jokar, spécialiste de l'Iran et chercheur à l'Institut de prospective et sécurité en Europe (IPSE), le président iranien a un « rôle de transition » entre « un pouvoir qui reste assez conservateur en général et une population iranienne qui s’est urbanisée et qui est devenue de plus en plus éduquée ».

« Du coup, on a un pouvoir qui commence à être anachronique et qui n’est plus en lien avec le peuple », analyse-t-il.

Le chercheur estime que le discours de Rohani va dans « le sens de la jeunesse » et « prend en considération les différentes tensions sociales et économiques qui existent dans le pays ».

Milad Jokar souligne également que la réaction du président n’est pas isolée dans les sphères du pouvoir. « On a vu beaucoup des députés, aussi, critiquer la police des mœurs, en expliquant que ce n’est pas la manière d’enseigner la vertu. Cela ne se fera pas par la violence, comme a dit Rohani, et elle ne peut pas se faire en attrapant les gens par cou. »

Selon ce spécialiste de l’Iran, des vidéos comme celle-ci, qui font « beaucoup débat », permettent d’avancer petit à petit sur ces questions. « Il y a des améliorations, mais des cas comme ça existent encore. Quand ça part en vidéo, comme ça, ça peut faire bouger les lignes, parce qu’il y a un vrai mécontentement chez une frange importante de la population. »

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