Syrie

Syrie: malgré l’urgence humanitaire les combats continuent au sud de Damas

De la fumée venant du camp de réfugiés palestiniens à Yarmouk, au sud de Damas, le 20 avril 2018.
De la fumée venant du camp de réfugiés palestiniens à Yarmouk, au sud de Damas, le 20 avril 2018. REUTERS/Ali Hashisho
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Ce mardi et mercredi se déroule à Bruxelles une conférence de donateurs pour la Syrie, à l'initiative des Nations Unies et de l'Union Européenne. La situation en Syrie est dramatique notamment au sud de Damas où les forces de Bachar el-Assad se lancent depuis plusieurs jours à la reconquête de Yarmouk, le plus grand camp de réfugiés palestiniens de Syrie, contrôlé par l’organisation Etat islamique. Le camp subit les raids aériens des armées russe et syrienne. Des milliers de civils ont fui mais il en reste encore environ 6 000 à l'intérieur, et 18 ont été tués depuis l'intensification des bombardements jeudi 19.

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Il s’agit d’une bataille stratégique pour le pouvoir de Bachar el-Assad, qui cherche à acquérir le contrôle total sur Damas et ses environs après la reconquête des territoires rebelles de la Ghouta, ultime bastion insurgé aux portes de la capitale, et qui dure depuis jeudi 19 avril.

C’est dans le cadre de ces conflits qu’au moins 18 combattants prorégime ont été tués en 24 heures, a indiqué mardi l’Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Selon celle-ci, un total de 52 combattants prorégime et de 35 jihadistes de l'EI ont été tués en six jours de combats dans la périphérie sud de la capitale. Selon l'OSDH, six civils ont été tués mardi 24 avril dans des raids aériens, portant à 18 le nombre de civils tués depuis jeudi 19.

Des quelque 160 000 réfugiés présents avant le conflit, environ 6 000 y seraient encore

Selon l’OSDH, « de violents combats » au sol ont lieu, les forces du régime progressant à Hajar al-Aswad et prenant le contrôle de « plusieurs bâtiments et blocs résidentiels » à la périphérie de Qadam. Elles sont appuyées par des frappes de l’aviation et des tirs d’artillerie.

Selon Fars, un réfugié palestinien de 27 ans, cette avancée se fait au prix de la vie des civils encore présents dans cette ville qui abritait quelque 160 000 réfugiés palestiniens, ainsi que des Syriens, avant le début du conflit en 2011. Fars est à quelques centaines de mètres du point de passage qui sépare le camp de Yarmouk du quartier voisin de Yalda où il s’est réfugié.

Selon Fars, réfugié palestinien sur place, "les gens meurent en silence" et "la communauté internationale doit réagir"

La conférence des donateurs tire la sonnette d'alarme sur l'urgence alimentaire

C’est dans ce contexte qui se déroule la conférence des donateurs pour l'avenir de la Syrie ce mardi 24 et mercredi 25 à Bruxelles. Ils devraient promettre plusieurs milliards de dollars d’aide en faveur des millions de Syriens déplacés. L'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura a mis en garde mardi contre une nouvelle catastrophe humanitaire imminente dans la province d'Idleb, frontalière de la Turquie, où vivent plus de 2,5 millions de personnes, dont une moitié de déplacés.

« Nous sommes désespérément à court de ressources », a déploré le chef de l'agence d'aide de l'ONU, l'UNOCHA, Mark Lowcock au cours d'un point de presse. L'ONU n'a réussi à mobiliser que la moitié des fonds dont elle avait besoin en 2017. Or les promesses de dons avaient totalisé 7,5 milliards d'euros pour cette période.

L'occasion pour le Programme alimentaire mondial (PAM) de tirer la sonnette d'alarme sur l'urgence alimentaire actuelle en Syrie.

Selon Jacob Kerne, le porte-parole du Programme Alimentaire Mondial en Syrie (PAM), "les besoins sont énormes" en Syrie

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