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L'Egypte conteste la décision de l'Unesco de décorer le photojournaliste Shawkan

Mahmoud Abu Zeid, dit «—Shawkan—», photographié durant son procès au Caire le 9 août 2016.
Mahmoud Abu Zeid, dit «—Shawkan—», photographié durant son procès au Caire le 9 août 2016. KHALED DESOUKI/AFP

Alors que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est en visite ce 29 avril en Egypte, l’affaire du jeune photojournaliste égyptien Shawkan, qui encourt la peine de mort, prend une nouvelle ampleur dans le pays. Dirigée par la Française Audrey Azoulay, l’Unesco a en effet décidé de lui remettre le prestigieux prix Guillermo Cano pour la liberté de la presse.

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Avec notre correspondant au Caire, François Hume-Ferkatadji

Le photographe égyptien, Mahmoud Abu Zeid, dit « Shawkan », est devenu le symbole d’une presse bâillonnée en Egypte. La photo du jeune homme mimant une prise de vue derrière les barreaux de sa prison a fait le tour du monde. Or, l’Unesco va lui remettre le 2 mai prochain son prestigieux prix Guillermo Cano pour la liberté de la presse. Une décision que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères égyptien juge « insultante ».

« Il y a des centaines de milliers d'Egyptiens qui se sentent vraiment humiliés et affectés, ils voient qu'une organisation qui a une relation cordiale avec l'Egypte, donne un tel prix, et reconnait un individu qui a été impliqué dans la déstabilisation du pays et dans des actes illégaux contre les égyptiens et la paix et la sécurité », déclare-t-il alors que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, effectue une visite au Caire ce 29 avril.

« Erreur » de l'Unesco

Le parquet a requis la peine de mort contre le photojournaliste, en prison depuis quatre ans et demi et toujours pas été jugé. Il souffre, selon ses proches, de dépression et d’épuisement moral. L’Unesco entend rendre hommage au courage, et à l’engagement du reporter pour la liberté de la presse. Mais pour le ministère, le journaliste égyptien ne mérite pas ce prix.

« Si vous regardez sa carrière en tant que journaliste, il était dans ce domaine depuis un an ou deux avant 2011, donc je me demande quel genre de contribution il a apporté au journalisme dans le monde qui pourrait être une raison de le choisir », poursuit ce porte-parole du ministère des Affaires étrangères égyptien.

Le Caire considère que la directrice générale de l’Unesco, la Française Audrey Azoulay, est responsable de cette « erreur » qui place l’organisation dans une position gênante, selon ce responsable égyptien. L'ONG Reporters sans frontière place l’Egypte au 161e dans son classement annuel sur la liberté de la presse dans le monde.

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