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Gaza / Israël

Un bateau gazaoui tente de rompre le blocus maritime israélien

Vue du port de Gaza, le 27 mai 2018.
Vue du port de Gaza, le 27 mai 2018. MAHMUD HAMS / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Cela fait pratiquement deux mois désormais que les Gazaouis ont entamé un mouvement pour réclamer la fin du blocus imposé à leur territoire depuis onze ans. Jusqu'à présent, des manifestations étaient organisées le long de la barrière de séparation entre l'enclave palestinienne et le territoire israélien. 104 personnes ont été tuées par des tirs de l'armée israélienne. Ce mardi, les organisateurs de cette «Grande marche du retour» tentent une nouvelle approche. Un bateau va tenter de rompre le blocus maritime.

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C'est un départ de la bande de Gaza « vers le monde » disent les organisateurs de la « Marche du retour ». Un premier du genre, assurent-ils. Car aucun bateau ne peut arriver ou quitter l'enclave palestinienne depuis la mise en place du blocus maritime par Israël il y a onze ans, indique notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil.

Ce mardi, en fin de matinée, un navire devrait donc quitter le rivage gazaoui. A son bord, des malades, des blessés qui ont besoin de suivre des traitements à l'étranger. Ainsi que des étudiants et des jeunes diplômés au chômage qui rêvent de poursuivre leur formation ou chercher du travail hors de leur territoire exsangue.

« Le peuple palestinien souhaite adresser un message au monde entier. La bande de Gaza est une prison à ciel ouvert et elle ne peut plus continuer à vivre sous ce régime imposé par les Israéliens. C’est injuste », condamne sur RFI Wajeh Abou Zarifa, membre du haut comité de la « Marche du retour », un mouvement qui rassemble depuis le 30 mars des Palestiniens dénonçant le blocus israélien et exigeant le retour des réfugiés palestiniens chassés ou qui ont fui de leurs terres en 1948 lors de la création de l'Etat d'Israël.

« Le peuple palestinien multiplie les initiatives pour faire entendre sa voix. Et en particulier les blessés, les malades et les étudiants. Ils n’en peuvent plus de vivre encerclés. Les gens souhaitent pouvoir se faire soigner. Nos étudiants veulent sortir d’ici et aller à la découverte du monde. Et tout cela n’est pas possible aujourd’hui puisque les forces d’occupations israéliennes interdisent aux bateaux de quitter ou d’entrer dans la bande de Gaza », explique ce militant palestinien.

« Ce bateau qui quitte la bande de Gaza, doit être protégé ».

La destination finale du bateau n'a pas été annoncée. Mais elle importe peu, car Israël impose un strict blocus maritime : les passagers savent qu'ils devraient être interpellés par la marine israélienne avant d'avoir rejoint les eaux internationales. Et le comité d'organisation de la Marche appelle à une protection internationale de ce bateau qui doit prendre la mer pratiquement huit ans jour pour jour après l'arraisonnement du Mavi Marmara, un bateau turc qui tentait lui aussi de rompre le blocus maritime. Cette opération de l'armée israélienne avait causé la mort de dix des passagers.

« Huit années se sont écoulées depuis le Mavi Marmara, et rien n’a changé. Israël impose toujours un blocus contre la bande de Gaza. Nous attendons de la communauté internationale qu’elle exerce des pressions sur Israël, pour qu’Israël lève enfin le blocus. Ce bateau qui quitte la bande de Gaza doit être protégé. Nous ne voulons pas de confrontation avec la marine israélienne. Le peuple palestinien ne souhaite pas un affrontement, nous ne voulons pas qu’il y ait des victimes. La communauté internationale et en particulier les pays amis d’Israël, les Etats-Unis, ou les pays européens doivent exercer une pression sur Israël pour éviter de nouveaux crimes comme ceux commis quotidiennement par l’armée israélienne à la frontière avec Gaza », souligne Wajeh Abou Zarifa. 

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