Irak

Irak: nouveaux tirs sur les manifestants à Bassora

Manifestation à Bassora le 5 septembre 2018.
Manifestation à Bassora le 5 septembre 2018. REUTERS/Alaa al-Marjani

Les forces de l'ordre irakiennes ont tiré à nouveau mercredi pour tenter de disperser une nouvelle manifestation à Bassora, ville du sud de l'Irak théâtre la veille de la mort de six manifestants.

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Le Premier ministre irakien Haidar Al-Abadi affirme pourtant avoir été clair : « pas de tirs à balles réelles contre la population ». Pourtant selon le témoignage d’un sous-officier de l’armée irakienne qui requiert l’anonymat, Bagdad cherche à reprendre le contrôle de cette région par la force. 

Témoignage anonyme d’un sous-officier de l’armée irakienne

« Le gouvernement veut à tout prix rétablir l’ordre à Bassora. Il y a eu des affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité, je parle aussi bien de la police que de l’armée. Il y a eu des morts. A la suite de cela, certains militaires se sont retirés, ils ont abandonné leurs véhicules dans leur caserne et déposé les armes (ils refusent de tirer sur les manifestants). Les revendications des habitants de Bassora sont légitimes. Ils n’ont pas accès à l’eau potable, il n’y a pas d'électricité, les jeunes sont au chômage et la situation sécuritaire ne fait que se détériorer. Les habitants de Bassora exigent de meilleures conditions de vie et des emplois pour les jeunes ».  


Mahdi al-Tamimi chef du Conseil gouvernemental des droits de l'homme de Bassora, parle d’une véritable crise humanitaire : « L’eau qui coule dans les rivières de Bassora est un mélange de produits chimiques dans lequel prolifèrent les bactéries. Je ne parle même pas de la pollution de l’air et du sol ici. Bassora vit une situation de crise. La colère de la population est légitime. Les gens manifestent pour leurs droits. Ils ont en eu marre que personne n’entende leurs revendications. Les gens ont essayé d’alerter les autorités et personne n’a rien fait pour eux. Ici l’eau est insalubre, même l’eau qu’on achète en bouteille est impropre à la consommation. Nous avons enregistré près de 35 000 cas d’empoisonnement et les autorités n’ont même pas décrété l’Etat d’urgence. Aucun responsable ne rend de compte ou n’est sanctionné pour cette situation ».

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