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Syrie

Syrie: une zone démilitarisée sous contrôle de la Russie et de la Turquie à Idleb

Sotchi (Russie) le 17 septembre: à l'issue d'une rencontre de plus de quatre heures, les présidents russe et turc et leurs ministres de la Défense (photo), ont annoncé un accord pour la création d'une «zone démilitarisée» à Idleb.
Sotchi (Russie) le 17 septembre: à l'issue d'une rencontre de plus de quatre heures, les présidents russe et turc et leurs ministres de la Défense (photo), ont annoncé un accord pour la création d'une «zone démilitarisée» à Idleb. Alexander Zemlianichenko/Pool via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
4 mn

C'est peut-être un espoir pour les 3 millions de civils dans la province d'Idleb en Syrie, après des semaines de tergiversation et de désaccord. La Russie et la Turquie se sont entendues hier lundi pour mettre en place une zone démilitarisée. Et ce n'était pas gagné d'avance. La Russie est alliée au régime de Bachar el-Assad qui veut reprendre le contrôle de la province, tandis que la Turquie soutient les rebelles qui y sont retranchés.

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Il aura fallu quatre heures d’entretien à huis clos pour aboutir à cet accord et sans doute au préalable bien des discussions entre les deux pays pour y parvenir, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. Un accord qui aboutira à la création d’une nouvelle zone démilitarisée, de 15 à 20 kilomètres de large, entre les positions rebelles et celles de l’armée syrienne sur la ligne de contact. De cette zone devront être retirées toutes les armes lourdes et les forces considérées comme étant les plus radicales en seront exclues. Une zone contrôlée par l'armée turque et par la police militaire russe.

L'assaut sur Idleb désormais impossible ?

Concrètement la création de cette zone tampon rend difficile une offensive de grande ampleur au sol, mais cela ne veut pas dire pour autant que l’aviation russe et syrienne ne pourront pas frapper les positions rebelles qui se trouvent hors de la zone lorsqu’elles le souhaiteront.

En toute état de cause, et à brève échéance, on peut considérer que l’hypothèse d’une offensive de grande ampleur est écartée, alors qu’il y a encore une dizaine de jours, la Russie, le régime syrien et l’Iran semblait déterminés à la lancer.

Visiblement Vladimir Poutine a choisi de ménager son allié turc, de temporiser. Rappelons qu'à Téhéran, il y a dix jours, les dissensions entre les deux hommes sur la même question avaient pourtant éclaté au grand jour, devant les caméras du monde entier. Moscou a donc choisi depuis de ne pas se fâcher avec son allié turc, qu’il considère comme incontournable dans le dossier syrien.

Mais la Russie avec cette bande tampon fait en sorte également de mettre ses bases militaires à l’abri des attaques de drones qui étaient lancées depuis les positions rebelles.

L’Iran et la Syrie soutiennent-ils l’accord conclu entre les présidents Poutine et Erodgan ?

Les gouvernements syrien et iranien n’ont pas réagi dans l’immédiat aux arrangements conclus à Sotchi entre la Russie et la Turquie. Mais cela ne signifie pas forcément que Vladimir Poutine a agi sans coordination avec ses deux alliés, précise notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. Toutes les grandes batailles de ces deux dernières années en Syrie ont montré un haut degré de coordination politique, diplomatique et militaire entre la Russie, l’Iran et la Syrie, même si des divergences existent sur les priorités. Les trois pays ont toujours conjugué opérations militaires et pressions diplomatiques pour atteindre leur but, qui est de reprendre le contrôle d’un maximum de territoires.

Le conseiller du guide suprême iranien pour les affaires internationales, Ali Akbar Velayati, a déclaré dimanche que les négociations en cours portent sur les moyens de rétablir le contrôle de l’Etat syrien sur la province de Idleb avec le moins de pertes possibles. S’adressant devant d’anciens diplomates et professeurs d’université à Téhéran, cet ancien chef de la diplomatie a assuré que la Russie, l’Iran et la Turquie soutenaient cette approche, ce qui prouve que la voie diplomatique reste privilégiée à ce stade.

La balle est désormais dans le camp de la Turquie. C’est à elle qu’incombe la responsabilité de séparer les rebelles des jihadistes et d’obtenir le retrait de ces derniers de la zone démilitarisée. Si elle y parvient, Moscou, Damas et Téhéran auront fait un pas en direction de leur objectif. Si elle échoue, l’option pourrait être remise sur le tapis. 

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