Yémen

Yémen: les habitants d'Hodeida menacés par les bombes, la faim et le choléra

Le port d'Hodeida au Yémen, le 5 août 2018.
Le port d'Hodeida au Yémen, le 5 août 2018. REUTERS/Abduljabbar Zeyad

La nouvelle attaque des forces gouvernementales yéménites contre Hodeida fait craindre un nouveau drame humanitaire. Cette ville portuaire par laquelle entre une grande partie de l’aide humanitaire au Yémen est contrôlée par des rebelles houthis. L’armée yéménite appuyée par ses alliés saoudiens et émiriens avait déjà tenté, sans y parvenir, en juin dernier de reconquérir cette ville. L'ONG Save the Children met en garde sur la situation de centaines de milliers d'enfants menacés par la famine.

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Le 17 septembre, les forces progouvernementales ont annoncé la reprise de leur offensive contre Hodeida. RFI a pu contacter une habitante qui témoigne de la situation sur place. 

Les affrontements se déroulent aux abords de la ville mais malgré cela ils ont causé la mort de plusieurs civils. Ce sont principalement des gens qui fuient, qui tentent de quitter Hodeida et qui sont atteints par des éclats d’obus ou des frappes aériennes ou encore qui sautent sur des mines. Les principales routes sont coupées.

Manel Qaïd, habitante de Hodeida

« Il est impossible d’emprunter la route qui relie Hodeida à Sanaa, poursuit notre interlocutrice. Et c’est pareil nous ne pouvons plus nous rendre à Taez. Une seule route reste encore ouverte mais en l’empruntant il faut des heures pour atteindre Sanaa la capitale. La situation humanitaire à Hodeida est mauvaise. Il y a des pénuries alimentaires, de gaz et de carburants et donc cela entraîne une flambée des prix».

Hodeida est le principal point d'entrée des importations et de l'aide humanitaire internationale au Yémen. Selon l'ONU, trois personnes sur quatre ont besoin d'assistance, notamment alimentaire. L'ONG Save the Children, elle, attire l'attention sur la situation des enfants yéménites menacés par la famine. Helle Thorning-Schmidt, directrice générale de l'ONG, estime que «cette guerre risque de tuer toute une génération d'enfants yéménites confrontés à des menaces multiples, des bombes à la faim aux maladies évitables comme le choléra». Save the Children exhorte toutes les partiesau conflit ainsi que les acteurs qui peuvent avoir de l'influence sur la suite qu'ils soient au Yémen ou ailleurs, à prendre les choses au sérieux : «Il faut garder le port ouvert, les voix d'accès ouvertes, arrêter les affrontements à Hodeida et assurer que l'aide puisse atteindre ceux qui en ont le plus besoin. C'est fondamental dans cette situation». 

Beaucoup d'enfants ne mangent qu'une fois par jour, souvent ils ne savent pas quand sera le prochain repas et de quoi il sera fait. Un autre point important : leur survie dépend entièrement de l'aide humanitaire qui transite par Hodeida. Actuellement il y a déjà plus de 4 millions d'enfants dans ce cas. Avec l'offensive, les prix de l'essence et de la nourriture vont continuer de monter. Les familles vont donc devoir faire des choix très difficiles dans leurs dépenses et les enfants mal nourris ne pourront pas accéder à temps aux centres de soin qui pourraient sauver leur vie . C'est écœurant de voir encore et encore, que la vie de ces enfants est loin d'être la priorité dans ce conflit.

Tamer Kirolos, directeur Save the Children au Yémen

 

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