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Turquie / Arabie saoudite

Affaire Khashoggi: le monde suspendu aux lèvres de Tayyip Erdogan

Le roi Salman d'Arabie saoudite et le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 12 avril 2018 à Ankara.
Le roi Salman d'Arabie saoudite et le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 12 avril 2018 à Ankara. REUTERS/Umit Bektas/File Photo
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Trois semaines jour pour jour après la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan doit livrer ce mardi 23 octobre 2018 une déclaration très attendue, sa première depuis que Riyad a enfin reconnu la mort du journaliste.

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Avec notre correspondante à Istanbul,  Anne Andlauer

Recep Tayyip Erdogan a promis de révéler « la vérité nue » sur la mort de Jamal Khashoggi. Il a notamment annoncé des « détails » sur le commando de 15 Saoudiens accusés d’avoir torturé et tué le journaliste dissident dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

Le chef de l’Etat turc pourrait faire la démonstration que la mort de Jamal Khashoggi était un crime prémédité, comme l’affirment depuis plus de 15 jours des fuites anonymes dans la presse. Le porte-parole du parti au pouvoir en Turquie, l’AKP, a d’ailleurs parlé lundi d’un meurtre « extrêmement complexe » et « sauvagement planifié », contredisant ouvertement la version saoudienne.

Je ne suis pas certaine que le président turc nous donne tout ce qu'il a. Mais en tout cas, il va s'exprimer synthétiquement pour donner une pression en une seule fois sur l'Arabie saoudite, alors que jusqu'à présent, il distillait les informations de manière un peu éparse en négociant politiquement le virage avec l'Arabie saoudite

Dorothée Schmid, chercheuse à l'Ifri, responsable du programme Turquie et Moyen-Orient

Jusqu'où Tayyip Erdogan ira-t-il dans ses déclarations ?

A la veille de ce discours, dans de nouvelles révélations, les médias turcs continuaient de faire monter la pression sur Riyad et sa version des faits, une bagarre qui aurait mal tourné et provoqué accidentellement la mort de Jamal Khashoggi. Plus précisément, les médias turcs ont publié des allégations accablantes pour le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salman.

Selon eux, le chef présumé du commando a contacté à quatre reprises le bureau du prince héritier à la suite de la mort de Jamal Khashoggi. Après avoir entretenu le suspense, Recep Tayyip Erdogan ne peut donc plus vraiment se contenter d’une déclaration tiède et sans révélation. Reste à voir s’il ira jusqu’à pointer un doigt accusateur vers le régime saoudien, ou s’il se contentera d’un récit détaillé.

L’environnement géopolitique, l'environnement politique international, le rôle de la Turquie en ce moment au niveau international, que ce soit par rapport à la Syrie ou par rapport à l'Iran; tout cela pour nous, ce sont des sources d'inquiétude en ce qui concerne la capacité ou du moins l'image d'impartialité et d’objectivement de l'enquête turque

Agnès Callamard, rapporteuse spéciale sur les exécutions sommaires, arbitraires et extrajudiciaires auprès de l'ONU

► Lire aussi : Les Occidentaux ont bien du mal à se passer des ventes d'armes à Riyad

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