Turquie / Arabie saoudite

Affaire Khashoggi: Erdogan fait pression sur le procureur saoudien

Le procureur général d'Arabie saoudite Saoud ben Abdallah al-Muajab quitte le consulat de son pays, où le journaliste a été tué. Istanbul, le 30 octobre 2018.
Le procureur général d'Arabie saoudite Saoud ben Abdallah al-Muajab quitte le consulat de son pays, où le journaliste a été tué. Istanbul, le 30 octobre 2018. REUTERS/Kemal Aslan

En Turquie, c’était, ce mardi, la deuxième journée à Istanbul du procureur saoudien envoyé par Riyad pour mener l’enquête sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Il a notamment passé plus d’une heure au consulat saoudien et a rencontré les autorités judiciaires turques. Les autorités de Riyad sont sous pression de la part d’Ankara. Recep Tayyip Erdogan a publiquement demandé au pouvoir saoudien d’identifier rapidement les responsables de l’exécution du journaliste.

Publicité

Avec notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette

Pas de temps à perdre et pas question de tergiverser. En s’adressant à la presse, Recep Tayyip Erdogan a envoyé un message explicite au procureur saoudien : la Turquie ne va pas accepter la moindre dérobade, il faudra des résultats concrets au plus vite.

Et pour que les choses soient encore plus claires, le président turc a posé directement deux questions : la Turquie veut savoir qui a donné l’ordre d’assassiner Jamal Kashoggi et qui a envoyé les quinze personnes suspectées d’avoir exécuté le journaliste.

Déjà lundi, le chef de la diplomatie turque avait déclaré que Riyad portait une grande responsabilité dans cette affaire. Une pression supplémentaire sur le procureur saoudien donc, qui a rencontré pour la deuxième fois son homologue turc après avoir visité le consulat d’Istanbul.

Mais malgré ces échanges, la Turquie refuse toujours de livrer à Riyad l’ensemble des éléments de son enquêtecar Recep Tayyip Erdogan entend bien tirer profit le plus longtemps possible d’une situation qui lui permet de mettre la pression sur son rival saoudien.

(Re) lire : Affaire Khashoggi: Ben Salman a plus à craindre de la «menace intérieure»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail