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Yémen

Forum sur la paix: les appels à mettre fin au conflit au Yémen

Les forces pro-governementales en direction du port d'Hodeida, lors des combats contre les rebelles houthis, le 6 novembre 2018.
Les forces pro-governementales en direction du port d'Hodeida, lors des combats contre les rebelles houthis, le 6 novembre 2018. AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La chancelière allemande Angela Merkel a placé le Yémen au coeur de son discours au Forum pour la Paix ce dimanche 11 novembre. Elle demande une solution multilatérale pour la fin des combats. Pendant trois jours, des dirigeants et d'autres acteurs de la scène internationale doivent débattre d'une meilleure organisation des affaires du monde à l’occasion du Forum pour la paix qui a débuté ce dimanche en marge du centenaire de l'armistice de 1918. L'ombre du conflit au Yémen, notamment, plane sur cette initiative française.

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La chancelière allemande Angela Merkel a pris la parole après Emmanuel Macron lors du Forum sur la Paix ce dimanche. Au coeur de son discours, le Yémen. Le conflit a fait entre 70 000 et 80 000 morts en trois ans. Face à ce constat, Angela Merkel demande une solution multilatérale pour la fin des combats.

Alors que nous sommes ici ensemble à travailler et à mener une réflexion sur la paix, il faut avoir conscience que se déroule au Yémen vraisemblablement la plus grande catastrophe humanitaire au monde. Et le simple fait que nous ne voyions que peu d'images du Yémen, cela fait que nous ne ressentons pas d'effroi. Mais l'absence d'images ne doit pas nous plonger dans l'inaction. Voilà pourquoi je suis heureuse et reconnaissante que dans beaucoup d'entretiens ici, nous avons évoqué la question du Yémen. Il faut que le monde agisse pour qu'on arrive à un cessez-le-feu, et à une aide humanitaire.

Angela Merkel sur le Yémen: «Il faut que le monde agisse pour qu'on arrive à un cessez-le-feu et à une aide humanitaire»

Un collectif d'ONG a appelé cette semaine à « une cessation immédiate des hostilités » au Yémen, où selon elles « 14 millions » de personnes sont « menacées par la famine ». Radhya al-Mutawakel dirige l'organisation de défense des droits de l'homme Mwatana, basée à Sanaa. Elle demande au président français de faire pression pour organiser des négociations de paix.

« C’est une honte d'alimenter la guerre alors qu'on peut agir pour y mettre fin. Vous êtes un pays européen qui peut avoir beaucoup d'influence sur le terrain et mettre fin à la guerre. Donc j'attends de Macron qu'il fasse un geste positif pour pousser les Saoudiens et tous les belligérants à s'assoir à la table des négociations afin de parvenir à un accord de paix. »

Vente d’armes

Mais le message de la militante ne s’arrête pas là. Au-delà du processus de paix, il est nécessaire pour elle de sensibiliser sur la question des ventes d’armes. Elle en appelle une fois de plus aux gouvernements, mais aussi à l’opinion publique. « Est-ce que c'est bien de créer des emplois sur le sang des innocents ? », s’indigne-t-elle.

« Parce que c'est ce que les gouvernements disent lorsqu'ils vendent des armes aux Saoudiens : "Nous voulons créer des emplois et améliorer notre économie". Maintenant l'Arabie saoudite dispose d'assez d'armes pour les deux prochains siècles. Cesser de leur vendre des armes ne les rendra pas plus faibles. Il s'agit de principes, de morale. Et que la communauté internationale s'affranchisse pour ne plus avoir à mendier auprès des Saoudiens, pour ne plus être leurs alliés seulement pour de l'argent. »

Des armes qui servent ensuite sur le terrain. Car la coalition menée par Riyad bombarde notamment les positions rebelles, soutenant les forces loyalistes qui combattent actuellement dans Hodeida. Des bombardements qui suscitent la vive inquiétude d’ONG sur le sort des civils dans la ville.

Bombardements

Or, la question des bombardements de zones peuplées est une problématique majeure, estime Handicap International. L’ONG, soutenue par 90 députés, appelle le gouvernement français à rejoindre les 50 pays qui ont accepté de se positionner contre le bombardement de zones peuplées, ce que la France a jusqu'à présent toujours refusé.

Parmi les députés participants à cet appel, Hubert Julien-Laferrière estime qu’« il faut absolument qu’il y ait une sensibilisation très forte du gouvernement à ce que les conflits contemporains n’entrainent pas aujourd’hui 90% de victimes civiles ».

« Les bombardements en zone peuplée posent un vrai problème ! insiste l’élu de la deuxième circonscription du Rhône. C’est notre responsabilité de parlementaires, évidemment, de toute sensibilité politique, d’interpeller le gouvernement pour que la France rejoigne ce mouvement. Il y a une déclaration politique internationale contre les bombardements des civils. »

Selon le député, il en va de la responsabilité de l’Etat. « A partir du moment où la France est une puissance militaire, elle doit s’engager dans cette déclaration. Après, c’est à nous, parlementaires, de sensibiliser les gouvernements pour qu’il y ait un engagement international. Cette déclaration politique est soutenue par le secrétaire général des Nations unies António Guterres, donc on peut se dire, évidemment, que cela fera une déclaration d’intention, mais il vaut mieux commencer par les déclarations d’intention pour produire du droit international humanitaire. »

Que ce soit le Yémen, mais aussi la Syrie, l’Irak, l’Ukraine, aujourd'hui, 90% des victimes de la guerre sont civiles, elles n'étaient que 40% durant la Première Guerre mondiale selon Handicap International.

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