Israël / Gaza

Gaza: le Hamas annonce un cessez-le-feu avec Israël après une grave confrontation

Les décombres du bâtiment de la chaîne de télélvision Al-Aqsa TV, le 13 novembre 2018.
Les décombres du bâtiment de la chaîne de télélvision Al-Aqsa TV, le 13 novembre 2018. Guilhem Delteil/RFI

Le calme est revenu autour de la bande de Gaza. Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans cette enclave palestinienne, a annoncé mardi 13 novembre avoir conclu un cessez-le-feu avec Israël, alors que les deux parties se sont violemment affrontées entre lundi après-midi et mardi après-midi, quand 460 roquettes ont été tirées par les groupes armés palestiniens et 160 cibles bombardées par l’armée israélienne. Tsahal affirme avoir visé des sites du Hamas et du Jihad islamique, mais le Hamas l’accuse d’avoir frappé des installations civiles : parmi elles, les locaux de la chaîne de la télévision Al-Aqsa.

Publicité

Les groupes palestiniens, dont le mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza, ont annoncé ce mardi soir un cessez-le-feu avec Israël conclu indirectement sur intercession égyptienne, et ont indiqué qu'ils s'y tiendraient si l'Etat hébreu le respecte également.

« Les efforts de l'Egypte ont permis d'aboutir à un cessez-le-feu entre la résistance et l'ennemi sioniste, et la résistance le respectera aussi longtemps que l'ennemi sioniste le respectera », ont annoncé les groupes dans un communiqué conjoint.

Le Hamas était sous une forte pression populaire qui exigeait une réaction contre les Israéliens. Le Hamas n’avait pas réagi lorsque trois enfants ont été tués la semaine d’avant. Et les Israéliens ont commis des massacres contre les participants à la Marche du retour. Le Hamas était sous la pression de ses membres qui demandaient une réaction qui n’était pas venue. Cette fois-ci, le Hamas n’était pas en mesure de ne pas réagir, particulièrement après le retour au calme.

Ibrahim Al Madhoun, analyste politique proche du Hamas

L'Egypte a demandé à Israël « de cesser immédiatement toutes les formes d'actions militaires » dans la bande de Gaza, a indiqué le ministère égyptien des Affaires étrangères dans un communiqué,  au terme d'une journée sans précédent depuis quatre ans au cours de laquelle les tirs de roquettes palestiniennes sur le sud d'Israël et les raids aériens israéliens sur Gaza s'étaient poursuivis. Les groupes palestiniens ont tiré des centaines de roquettes et d'obus de mortier en direction d'Israël. L'armée israélienne a frappé des dizaines de positions du Hamas et du Jihad islamique.

Le Hamas accuse Israël d'avoir frappé des installations civiles

Entre lundi après-midi et mardi après-midi, 460 roquettes ont été tirées par les groupes armés palestiniens et 160 cibles bombardées par l’armée israélienne.

L’armée affirme avoir visé des sites du Hamas et du Jihad islamique. Le Hamas l’accuse d’avoir frappé des installations civiles. Parmi elles, les locaux de la chaîne de la télévision Al-Aqsa, où nos envoyés spéciaux Hassan Jaber et Guilhem Delteil se sont rendus.

Des déblayeurs près des décombres de la châine de télévision Al-Aqsa TV, le 13 novembre 2018.
Des déblayeurs près des décombres de la châine de télévision Al-Aqsa TV, le 13 novembre 2018. Guilhem Delteil/RFI

Dans la rue, un bulldozer déblaye les débris de l’immeuble, car les locaux d’Al-Aqsa TV ont été totalement détruits lundi 12 novembre au soir. « Avant de bombarder le bâtiment, un drone a fait des tirs d’avertissement, raconte Mohamed Ahmad, employé de la chaîne de télévision. Nous avons évacué le bâtiment et puis nous avons appris que leurs avions avaient envoyé quatre bombes sur le bâtiment. »

Les locaux d’Al-Aqsa TV détruits

Mohamed Ahmad affirme qu’il savait que son entreprise pouvait être visée. Comme le Hamas au pouvoir à Gaza, il dénonce une atteinte à la liberté de la presse de la part d’Israël : « A chaque guerre à Gaza, l’occupation sioniste vise les médias afin de cacher leurs crimes aux yeux du monde », lance-t-il.

Dans un communiqué, l’armée israélienne a qualifié la chaîne de « cible stratégique terroriste », assurant que le Hamas, qui la financerait, l’utilise pour passer des messages opérationnels à ses militants et donner des conseils sur la façon de mener des attaques contre Israël.

À Gaza, le regard porté sur Al-Aqsa TV est différent. Aux yeux de Mohamed Shanti, un pharmacien dont le commerce se situe juste en face du siège de la chaîne, il s’agit avant tout d’une chaîne d’information : « C’est une chaîne civile, dit-il. Elle emploie des journalistes qui rendent compte de ce qui se passe à Gaza. Elle est très connue. C’est la chaîne la plus regardée couvrant Gaza. »

Mais malgré le bombardement de son siège, la chaîne n’a pas disparu du paysage médiatique. Sa diffusion a repris quelques minutes après l’opération israélienne et ce mardi soir, elle proposait des émissions enregistrées devant des immeubles détruits ou des clips faisant l’éloge des combattants palestiniens.

Pour Tsahal, Al-Aqsa est utilisée pour des opérations du Hamas, mais pour les Gazaouis, il ne s’agit que d’une chaîne de télévision

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail